Agir pour le climat, ce n’est pas que pour les générations futures, c’est aussi pour nous

Pendant que notre planète se transforme et que ses ressources se consomment de plus en plus rapidement, nous commençons à constater les effets du changement climatique non seulement sur l’environnement, mais aussi sur nos vies et nos sociétés : de la sécurité hydrique et énergétique jusqu’à la santé, les infrastructures et l’économie.

Les phénomènes météorologiques extrêmes, jadis assez rares, se reproduisent désormais assez fréquemment, et frappent les territoires et les populations les plus diverses. Ce sont évidemment les communautés les plus exposées et les plus vulnérables – souvent localisées dans les pays en voie de développement – qui souffrent le plus de ces impacts en termes de vie humaine, alors que ce sont les pays riches qui en voient les impacts économiques, en raison de la destruction d’infrastructures et de biens de valeur.

La COP21 discute de possibles architectures mondiales pour la gestion des gaz à effet de serre et négocie avec les différents pays leurs engagements pour stabiliser la hausse de température en dessous de 2 degrés d’ici à la fin du siècle. Mais il est désormais clair que cet objectif sera difficilement réalisable.

Plus important que le chômage ou la crise monétaire

Agir pour la modération des changements climatiques à travers le contrôle des gaz à effet de serre (c’est-à-dire surtout décarboner nos économies et augmenter notre efficacité énergétique) est certainement nécessaire et urgent, mais ce ne sera probablement pas suffisant. Il faudra réduire les émissions, mais il sera aussi fondamental de prendre des engagements à long terme pour s’adapter au réchauffement climatique, c’est-à-dire protéger nos systèmes économiques de ses inévitables impacts.

Le premier pas pour cela est certainement de prendre conscience que le réchauffement climatique est sans aucun doute le plus important des problèmes économiques auquel nous devons faire face, et pas uniquement un problème environnemental. Plus que le chômage ou la crise monétaire. Plus que la récession ou que la réforme de nos systèmes de retraites.

Et c’est bien parce qu’il s’agit d’un problème économique que ce ne sera que grâce à de nouvelles stratégies d’investissement dans le secteur énergétique, à de nouvelles politiques pour les infrastructures, et à un nouveau modèle de développement durable, que nous pourrons contrôler ce changement.

Il nous faudra donc prévoir une croissance à la fois durable et inclusive. Une croissance qui respecte les besoins de développement des régions les plus défavorisées, qui soit efficace dans l’utilisation des ressources naturelles, et qui minimise la pollution et les impacts sur l’environnement. Rendre notre croissance plus « verte » est nécessaire, efficace et économiquement profitable.

Décider dès aujourd’hui

Il est possible de démontrer qu’investir de manière à contrôler le changement climatique est avantageux par rapport aux coûts que nous devrions soutenir si, en choisissant d’ignorer ou de repousser le problème, nous devions nous trouver, dans quelques dizaines d’années, à comptabiliser les dégâts de phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes et des ressources naturelles de plus en plus rares.

Tous – individus, entreprises, communautés, institutions – peuvent décider dès aujourd’hui de choisir de manière cohérente leur consommation, leurs modes de transport, les ressources et les services qu’ils utilisent, leur politique budgétaire, etc. Ce n’est pas le destin de la Terre qui est en jeu (elle survivra aisément à l’humain), ni la protection de l’environnement qui nous entoure. C’est de notre bien-être et de notre développement économique qu’il s’agit. Ceux des futures générations, mais aussi ceux des générations qui vivent aujourd’hui sur notre planète. Ceux des systèmes économiques et urbains qui viendront, mais aussi ceux des systèmes dans lesquels nous vivons actuellement.

Les changements climatiques constituent un problème économique parmi les plus importants et urgents à résoudre. Agir immédiatement est avant tout un impératif éthique, mais c’est aussi une stratégie économique gagnante.

Carlo Carraro (Professeur à l’université de Venise et directeur de l’International Center for Climate Governance – ICCG)

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