Au Sahel, des guerres interminables

Après la chute de Kadhafi, les trafics se multiplient dans le Sahel. Les foyers djihadistes et les milices communautaires fragilisent les Etats de la région. La zone devient difficilement contrôlable et les opérations internationales ne parviennent pas à endiguer la violence.

Une zone de trafics

Le Sahel est traditionnellement une zone de transit où le savoir-faire nomade est essentiel. Les routes caravanières du passé (or, sel, esclaves…) permettent aujourd’hui des commerces à la fois licites et illicites entre la Méditerranée et l’Afrique subsaharienne, et entre l’océan Atlantique et la mer Rouge. Les frontières, relativement récentes, ne sont pas des obstacles aux nombreux trafics d’armes, de drogue et d’êtres humains.

De la chute de Kadhafi à la crise du Nord du Mali

A la suite de l’effondrement du régime libyen, en 2011, des stocks d’armes ont été disséminés dans le Sahel. Le fragile Etat malien ne contrôle plus la partie sahélienne du pays, prise entre la rébellion touareg et les djihadistes d’Al-Qaida. L’armée française intervient en janvier 2013 avec l’opération « Serval », qui combat les djihadistes du nord du Mali. Les armes libyennes affluent aussi dans le nord du Nigeria où le groupe islamiste radical Boko Haram est actif depuis 2009.

La contagion djihadiste

Groupes djihadistes :

  • GSIM : « Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans », né en mars 2017 de la fusion de plusieurs entités dont AQMI
  • EIGS : « État islamique dans le Grand Sahara, mai 2015 »
  • Ansaroul Islam : né au Burkina Faso, veut se rapprocher de l’EI, fin 2016
  • Boko Haram : a prêté allégeance à l’EI en mars 2015

Le Mali ne parvient pas à prendre le relais de l’armée française. Les groupes djihadistes se fragmentent, se multiplient et s’installent dans le delta intérieur du fleuve Niger, zone agropastorale en déclin à cause de sécheresses successives. Le Mali devient une plaque tournante pour le Sahel, où se côtoient islamisme radical, banditisme et milices communautaires.

A l’est, Boko Haram sort des frontières du Nigeria en 2014 et propage sa violence aux pays riverains du lac Tchad. Attaqué, le grope se replie dans les marécages du lac et la forêt de Sambisa, difficiles d’accès.

Une réponse africaine qui s’organise difficilement

Groupes djihadistes :

Les opérations internationales au Mali (MINUSMA et « Barkhane ») n’ont pas endigué la violence. Une force militaire regroupant cinq pays se met en place : le G5 Sahel. Cette organisation lance, en novembre 2017, sa première opération, aux côtés des troupes françaises de l’opération « Barkhane », dans la zone dite « des trois frontières ». Paris, qui souhaite se désengager à terme, est le principal soutien de cette force dont les moyens restent limités. Le G5 Sahel s’inspire de la force multinationale africaine créée en 2012 pour combattre Boko Haram autour du lac Tchad.

VOIR LA CARTE COMPLÈTE


Cartographie  :

Francesca Fattori, Véronique Malécot, Delphine Papin et Charlotte Recoquillon

Design et Développement :

Agathe Dahyot et Paul Pichot

Sources :

International Crisis Group ; ministère des armées ; Commission européenne ; OCDE, « An Atlas of the Sahara-Sahel », 2015 ; ONUDC, World Drug Report 2017 ; CSIS, « Militancy and the Arc of Instability : Violent Extremism in the Sahel » , 2016 ; IRIN ; Small Arms Survey ; Conflict armament research ; OIM ; Le Monde

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