André Grjebine

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La démarche initiée par Jean Monnet pour la construction européenne – celle d’un contournement du politique par des avancées techniques décisives et peu spectaculaires – est longtemps apparue comme la clé de son succès. Mais, ce contournement du politique a initié une trajectoire qui n’a cessé de déposséder des gouvernements issus du suffrage universel, sans y substituer un pouvoir fédéral démocratique. Au vu du Brexit et de la perte d’audience de l’idée européenne dans plusieurs pays, on peut se demander si la poursuite de cette démarche ne condamne pas à terme l’Union européenne (UE).

Une étrange constellation s’est progressivement constituée, composée d’institutions communautaires non élues, à l’exception du Parlement européen, et de gouvernements nationaux.…  Seguir leyendo »

Faire, vingt-cinq ans après, le bilan du traité de Maastricht, c’est d’abord observer à quel point il suffisait, en 1992, d’analyser l’évolution du serpent monétaire européen (1972-1978) et du système monétaire européen (1979-1993), puis les règles adoptées à Maastricht, pour prévoir ce qui allait se passer et qui s’est effectivement passé… en pire.

La zone euro telle qu’elle a été conçue à Maastricht et dans les traités qui ont suivi n’aurait pu répondre aux attentes que si les structures socio-économiques de tous les pays avaient été parfaitement homogènes. Cela n’était évidemment pas le cas à l’époque, et l’est moins que jamais aujourd’hui.…  Seguir leyendo »

Négocier un traité qui engage l’avenir de douze pays n’était certes pas aisé, il n’en demeure pas moins qu’en organisant une marche forcée vers l’unité monétaire en négligeant toute autre préoccupation, et notamment l’emploi, la Commission européenne, les banquiers centraux et les gouvernements qui ont élaboré le traité de Maastricht ont pris une lourde responsabilité.

Entre les risques que fera courir aux économies des pays membres la mise en oeuvre de ce traité et ceux d’un recul de la construction européenne, aucune option n’est vraiment satisfaisante. Il sera difficile à l’électeur qui entend dépasser des réactions purement émotionnelles de se prononcer sans éprouver un sentiment de malaise et d’inquiétude, qu’il vote « oui » ou qu’il vote « non ».…  Seguir leyendo »

L’absence de spiritualité du monde occidental est un argument abondamment ressassé depuis le XIXe siècle. La même semaine, dans les colonnes du Monde, deux écrivains, l’un qui est né et vit en France mais se présente comme de culture musulmane, l’autre Algérien mais qui a pris ses distances avec l’islam, développent des positions quasiment inverses par rapport à cette lamentation. Selon Abdennour Bidar, « le vrai visage du totalitarisme aujourd’hui » résiderait « dans la conspiration terrible, tyrannique et secrète de toutes les forces intellectuelles et sociales qui condamnent l’être humain à une existence sans aucune verticalité. » À cela Boualem Sansal répond : « Avant tout, je crois en la raison humaine : il y a en elle plus de beauté et de spiritualité que dans n’importe quelle religion.…  Seguir leyendo »

Dans un monde globalisé, la marge de manoeuvre d’un Etat est réduite en raison des contraintes institutionnelles et structurelles qui s’exercent sur lui, a fortiori au sein de l’union monétaire européenne.

Le temps des politiques unidimensionnelles paraît révolu. La politique économique d’un Etat de la zone euro doit désormais s’apparenter à une poupée russe, chaque volet s’emboîtant dans un volet qui en même temps l’inclut et la dépasse.

L’économiste américain Milton Friedman (1912-2006) suggérait de faire face à la déflation en jetant de la monnaie d’un hélicoptère (The Optimum Quantity of Money and Others Essays, Chicago, Aldine 1969).

Il est vrai que, sans la création massive de liquidités à laquelle se sont d’ailleurs livrées ces dernières années certaines banques centrales, en premier lieu la Réserve fédérale américaine (Fed), la crise bancaire aurait été beaucoup plus brutale et la récession encore plus profonde.…  Seguir leyendo »

Comme vient de le confirmer la commission européenne, les mauvaises prévisions de croissance laissent supposer que les objectifs en matière de déficit public et donc de réduction de notre endettement ne seront pas atteints. Faut-il vraiment s’en alarmer ?

Quels que soient les problèmes de financement qu’il pose, ce n’est sans doute pas l’endettement public de certains Etats qui menace le plus sérieusement la zone euro, mais la divergence croissante des économies des pays membres.

Depuis la création de la zone euro, les dirigeants européens n’ont cessé d’évoquer la convergence qu’il fallait en attendre. Au lieu de quoi, les divergences n’ont cessé de s’accentuer.…  Seguir leyendo »

Comme on sait, l’ampleur de la crise de 1929 a été largement due à la politique récessionniste du président américain Herbert Hoover qui, lui aussi, voyait “la prospérité au coin de la rue”. Il avait une excuse : il n’y avait pas alors de théorie reconnue enseignant que, en période de récession, il fallait accroître les dépenses publiques et non les réduire.

Comment expliquer que les dirigeants européens l’imitent de facto aujourd’hui ? Comme Nicolas Sarkozy auparavant, le président de la République François Hollande et ses collègues paraissent prisonniers de la logique autodestructrice de la zone euro.

Elle conduit les Etats membres dans le mur, c’est-à-dire à l’aggravation de la récession et du chômage, peut-être demain à la crise sociale et politique.…  Seguir leyendo »

Alors que la perspective d’une “décennie sans croissance” est envisagée pour la zone euro, l’Allemagne continue à exiger la rédemption par l’austérité des pays fautifs pour s’être trop endettés. Il est temps d’assurer un meilleur partage des efforts entre pays déficitaires et pays excédentaires, par exemple en instaurant un contrôle des déséquilibres courants entre les pays de la zone euro. C’est ce que proposait Keynes, à Bretton Woods, en 1944. Pour sa part, le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, a proposé, en 2010, au G20, de demander à chaque pays de veiller à ce que son déséquilibre courant ne dépasse pas 4 % de son PIB.…  Seguir leyendo »

La crise actuelle n’est pas un simple accident de parcours que l’on pourrait exclusivement attribuer à la mauvaise gestion de la Grèce et d’autres “pays du Sud” et aux comportements erratiques des marchés financiers. Elle est le révélateur du malentendu fondateur de la construction monétaire européenne.

Au moment de la création de l’euro, chacun a fait semblant de ne pas comprendre ce qu’il pouvait attendre de ses partenaires. L’Allemagne n’a accepté de renoncer au mark qu’en échange de leur alignement sur sa propre rigueur, bref de la création d’une sorte de mark européen. La France a souscrit aux règles de Maastricht en pensant qu’elle n’aurait jamais à les appliquer, en négligeant que l’Allemagne ne cesserait de lui rappeler les termes d’un traité signé avec quelque légèreté.…  Seguir leyendo »