Barbara Loyer

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Dans Libération du 31 mai, Alain Badiou, Etienne Balibar, Thomas Lacoste, Jean-Luc Nancy, Toni Negri et Jacques Rancière signent une tribune intitulée : «En soutien à Josu Urrutikoetxea». Elle pourrait prêter à rire si elle ne réveillait pas l’histoire de crimes tragiquement absurdes et inutiles.

Ces signataires n’ont en effet pas honte de comparer implicitement l’Espagne démocratique à l’Afrique du Sud de l’apartheid pour dénoncer l’arrestation le 16 mai d’un des chefs de l’organisation terroriste basque ETA dissoute en mai 2018. «Imaginerait-on, écrivent-ils, en Afrique du Sud, en juin 1991, une fois abolis les piliers des lois de l’apartheid, que le futur Prix Nobel de la paix, Nelson Mandela, soit remis en prison ?» Veulent-ils nous faire croire que des Basques étaient ségrégués comme des Noirs sud-africains, ou que ce chef d’ETA mériterait d’être récompensé parce qu’il a finalement décidé que les meurtres n’étaient plus utiles à sa cause ?…  Seguir leyendo »

Cinq personnes ont été interpellées en France dans la nuit du 16 au 17 décembre 2016 pour avoir voulu « neutraliser » des armes de l’Euskadi Ta Askatasuna (ETA, Pays basque et liberté) face à la caméra d’une journaliste. Une enquête préliminaire a été ouverte pour « association de malfaiteurs terroriste ». Immédiatement, des manifestants et des personnalités politiques locales ont pris position pour les défendre en accusant les gouvernements français et espagnols d’œuvrer contre « la paix » au Pays basque. La presse s’interrogeait sur la situation actuelle de l’ETA en se focalisant sur les armes en question.

Or, selon moi, le problème ne réside pas dans les aspects techniques de la fin éventuelle de l’ETA, mais dans le récit qui est fait de sa disparition.…  Seguir leyendo »

Avec 660 554 voix sur 1 131 485, et 48 sièges sur 75, les deux partis nationalistes basques se taillent la part du lion de l’électorat (58 %) de la communauté autonome basque d’Espagne. On aurait pu penser que la fin de la menace de l’ETA libérerait un vote non nationaliste basque, mais c’est l’inverse qui a lieu, ce qui produit douleur et incompréhension chez les familles des 829 personnes assassinées par l’ETA et les centaines de Basques ayant vécu pendant des années dans la crainte d’être le prochain mort. Cette victoire lève-t-elle pour autant un vent d’inéluctable indépendance ?

L’organisation ETA a «suspendu» l’usage du meurtre comme instrument de pouvoir parce qu’elle avait de plus en plus de difficultés à déjouer la répression des polices d’Espagne et de France, mais aussi parce que sa branche politique, Batasuna, se trouvait financièrement asphyxiée par l’interdiction légale de se présenter aux élections tant qu’elle serait associée au terrorisme.…  Seguir leyendo »