Bernard Guetta

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C’est une aspiration qui ne connaît pas de frontières. C’est elle qui avait fait tomber le rideau de fer en 1989. C’est elle qui avait fait manifester, six mois durant, les Iraniens en 2009. C’est encore elle qui avait suscité les printemps arabes de 2011 dont la force et le provisoire échec rappellent tellement le printemps européen de 1848. C’est toujours elle qui avait soulevé Hongkong avant de donner le courage aux Biélorusses de défier leur despote depuis trois semaines et cette aspiration à la liberté vient annoncer, n’en doutons pas, le réveil d’une Russie qu’on sent si lasse du retour en arrière qu’elle vit depuis trop longtemps.…  Seguir leyendo »

«Chacun s’accorde sur la nécessité d’une transition verte permettant de limiter le réchauffement climatique.» Photo Jose A. Bernat Bacete. Getty Images

Et maintenant ? Eh bien maintenant que la France, l’Allemagne, la Commission européenne et tant des capitales de l’Union se sont ralliées aux principes des emprunts communs et de la mutualisation des investissements pour faire face à cette crise, maintenant qu’il ne reste plus qu’à négocier un compromis avec les Etats les plus attachés à l’équilibre budgétaire pour atteindre l’unanimité et passer à l’acte, quelle est la prochaine étape ?

Elle sera, bien sûr, de définir ces investissements communs que nous nous apprêtons à financer en commun pour relancer nos économies et enrayer la montée du chômage mais chacun sent bien qu’il nous faut aussi…

Comment dire ?…  Seguir leyendo »

Il y a cinq raisons d’y croire. La panique, c’est vrai, peut encore l’emporter. Elle pourrait tout défaire et jusqu’à l’Union elle-même, mais il y a, pourtant, cinq raisons de croire que l’unité européenne sortira renforcée de cette crise et aborde, enfin, l’union politique, son IIIe acte après le marché commun et la monnaie unique.

La première de ces raisons est qu’il serait improbable que les propositions de la France et de l’Allemagne ne soient pas, l’un dans l’autre, adoptées par l’ensemble des Etats membres, car le poids de la Suède, du Danemark, de l’Autriche et des Pays-Bas, les quatre pays qui continuent de s’y opposer, est extrêmement relatif.…  Seguir leyendo »

Des soignants de la province Jiangsu, en Chine, lors d'une cérémonie avant leur départ pour Wuhan, le 19 mars. Photo STR. AFP

Dans la crise, il faut aussi penser à son lendemain. On peine à le faire car comment envisager l’après-crise alors que tant de drames sont encore à venir, en Afrique, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, dans tous les pays en guerre, dans toute l’Union européenne aussi ? Mais toute pandémie a une fin.

Vient alors le temps de la reconstruction et le précédant à méditer est celui des années 30. La crise de 29 n’avait pas pour cause un virus mais un krach boursier. La différence n’est pas mince mais, comme le «jeudi noir» de Wall Street, le Covid-19 n’a mis que quelques semaines à frapper tous les continents et précipiter l’économie mondiale dans une tourmente qui avait obligé et obligera les Etats à adopter de nouvelles approches.…  Seguir leyendo »

L’inaction aussi a son prix et il est plus que temps d’en sortir car… Rappelons l’enchaînement qui a conduit au chaos qui s’installe aux frontières de l’Europe. En Syrie, malgré la France, Barack Obama n’avait pas voulu faire respecter les lignes rouges qu’il avait lui-même tracées à Bachar Al-Assad. Son successeur s’est ensuite largement retiré du Proche-Orient pendant que l’Europe décidait de ne pas agir seule. La Russie s’est engouffrée dans ce vide pour reprendre pied dans la région aux côtés des régimes de Damas et de Téhéran.

La Russie est redevenue acteur mondial pendant que les démocraties occidentales se repliaient et Vladimir Poutine a alors décidé d’en finir avec le conflit syrien.…  Seguir leyendo »

Peut-être est-ce déjà joué. Sans doute est-il bien tard pour vous le dire, mais, parce que je ne veux pas y croire, c’est avec un fol espoir que je vous le crie : ne nous quittez pas, non, ne le faîtes pas !

Ne partez pas, car, bien plus que nos intérêts communs, économiques et stratégiques, c’est quelque deux mille ans d’histoire commune, la profondeur et la logique d’une intimité, vingt siècles d’interactions et d’évolutions parallèles qui en seraient compromis sans qu’on puisse y trouver de justifications, pas une seule.

Nous avons, bien sûr, des différences qui créent des différends et nourrissent des illusions.…  Seguir leyendo »

C’est une séquence, une belle et passionnante séquence qui pourrait bien augurer d’un changement d’ère, et pas seulement en Europe. Mardi dernier, dans son discours sur l’état de l’Union, Barack Obama devenait le premier président américain à rompre avec les dogmes néolibéraux qui s’étaient imposés il y a trente-cinq ans aux Etats-Unis avant de partout triompher dans le monde. Jeudi, Mario Draghi annonçait que la Banque centrale européenne allait racheter pour plus d’un milliard d’euros d’obligations d’Etat. Dimanche, enfin, Alexis Tsipras, conduisait à la victoire une nouvelle gauche dont le programme est de renégocier le remboursement de la dette grecque et d’en finir, en Grèce puis dans toute l’Europe, avec des politiques aussi cruelles que contre-productives car uniquement axées sur le rétablissement des comptes publics.…  Seguir leyendo »

Cherchons. Pourquoi Mme Le Pen aime-t-elle tant la Russie d’aujourd’hui qu’elle avait invité au congrès du FN un représentant de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, qui donnait du «chers camarades» aux délégués frontistes ?

Ce ne peut pas être qu’elle voie un modèle, elle qui déteste tant l’Union européenne, dans cette Fédération de Russie qui regroupe plus de 80 «entités constituantes» dont bon nombre sont majoritairement musulmanes. Ce ne peut pas non plus être qu’elle approuve l’importation massive d’immigrés turcs à Moscou dont ils restaurent le centre historique et construisent les luxueux bâtiments proclamant l’opulence des nouveaux riches.…  Seguir leyendo »

Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de solutions. Il y aurait trois rapides moyens d’empêcher l’Etat islamique en Irak et au Levant de pérenniser son emprise sur les territoires qu’il contrôle de part et d’autre de la frontière syro-irakienne, mais le drame est qu’aucun d’eux ne pourrait être mis en œuvre, pas pour l’instant en tout cas.

Le premier serait que les Etats-Unis et l’Iran en viennent vraiment à unir leurs forces pour préserver l’unité de l’Irak et y réduire l’ennemi commun que constituent, pour eux, ces nouveaux jihadistes avec lesquels même Al- Qaeda a pris ses distances. L’Iran chiite pourrait mobiliser ses puissants relais dans la communauté chiite irakienne pour l’organiser et la mobiliser contre des fanatiques sunnites que les ayatollahs exècrent.…  Seguir leyendo »

Libé, jeudi dernier. Coup-de-poing à l’estomac. Un jeune Français, certes pas «de souche», préciseront les imbéciles, mais «originaire de Saint-Denis», comme il le dit lui-même, un jeune Français qui aimait faire la fête et aller en boîte, un jeune Français qui n’était pas chômeur mais gagnait 3 000 euros par mois, raconte comment il a «décidé de devenir terroriste aux yeux de la loi française».

Il l’a fait parce qu’il ne supportait plus «l’indifférence du monde» à l’égard du drame syrien et, un paragraphe après l’autre, c’est une empathie que je sens monter en moi.…  Seguir leyendo »

Il faut rompre avec cette passivité. Face aux crimes du régime syrien, les Etats-Unis et l’Europe s’indignent, sanctionnent, ne cessent plus de hausser le ton, mais leurs actes sont aussi inexistants que leurs déclarations vigoureuses. Le résultat n’en est plus seulement que les massacres s’amplifient et que le nombre de déplacés et de réfugiés grandit quotidiennement. Ce n’est plus seulement que la barbarie de ce régime est toujours plus odieuse mais qu’il entreprend maintenant de déstabiliser toute la région dans l’espoir d’intimider ses voisins et le monde. Car il ne faut pas s’y montrer. Les obus de mortier qui s’abattent en territoire turc ne sont pas dus à des erreurs de tir.…  Seguir leyendo »

C’était tout de suite. C’était maintenant. C’était l’intégration ou la désintégration et sursaut il y a eu dimanche. Parce que la terre se dérobait sous leurs pieds, que la perte de confiance dans la monnaie unique et les économies européennes les menaçait tous et, avec eux, l’ensemble de l’économie mondiale, les Vingt-Sept ont choisi la solidarité et sont entrés, par là, sur la voie de l’intégration, avec le soutien du FMI et l’appui des Etats-Unis.

Dans l’histoire de l’unification européenne, c’est un moment décisif. Peut-être est-on, désormais, à la veille de mesures d’harmonisation progressive des économies de la zone euro puis de l’Union.…  Seguir leyendo »

La Serbie n’en est pas seule coupable. Ce crime que son parlement a reconnu, mardi, ce massacre de Srebrenica qui aura constitué, en juillet 1995, le plus atroce des crimes de guerre commis en Europe depuis la fin du nazisme, l’Europe, l’Amérique et l’ONU en portent également la responsabilité.

Elles n’y ont pas participé, bien sûr. Elles n’ont tué personne dans cet Oradour-en-Bosnie mais, par leurs tâtonnements et leur incohérence, les politiques qu’elles ont menées tout au long des guerres de Yougoslavie menaient droit à l’atrocité de cette tuerie.

Les faits, d’abord. En 1995, les conflits nés de l’éclatement de la Yougoslavie se concentraient en Bosnie-Herzégovine, la plus multiethnique des républiques sorties de cette fédération que la chute du mur de Berlin avait achevé de désunir.…  Seguir leyendo »

Les pessimistes ont toutes les raisons de ne pas y croire. La première est que ces pourparlers qu’Israéliens et Palestiniens doivent bientôt rouvrir ne constituent pas une avancée mais une régression puisqu’ils ne s’y parleront pas directement, mais par l’entremise de George Mitchell, représentant spécial des Etats-Unis pour le Proche-Orient. Non seulement on paraît en revenir à l’époque où l’autre n’existait pas, mais les Palestiniens, second motif de pessimisme, n’ont accepté cette proposition américaine que pour aider Barack Obama à sauver la face. Il ne s’agit, pour eux, que de ne pas faire une mauvaise manière à un Président qui les soutient, mais a échoué à relancer le processus de paix et d’éviter, surtout, d’être tenus pour responsables d’un blocage dont on voit a priori mal comment il ne serait pas inéluctable.…  Seguir leyendo »

C’était la grande critique faite à l’Union, telle qu’elle se bâtit du moins. On ne peut pas avoir d’unité monétaire, disaient les adversaires du traité de Maastricht, sans avoir de fiscalités convergentes, de politique industrielle commune, de choix budgétaires compatibles, de niveaux comparables de protection sociale – sans marcher, en un mot, vers l’unité politique.

Ils avaient raison mais avaient oublié, là, que les pères de la monnaie unique n’ignoraient, bien sûr, pas cette évidence. Helmut Kohl et François Mitterrand avaient l’Europe politique pour ambition mais, faute de pouvoir la réaliser d’un coup, ils avaient escompté que l’union monétaire porterait l’union politique, en ferait voir le besoin et la créerait, et le fait est que ce pari s’avère.…  Seguir leyendo »

Que faudra-t-il encore ? Que faudra-t-il maintenant à Nicolas Sarkozy, à Angela Merkel et à tant d’autres Européens pour ne plus s’opposer à l’éventualité d’une adhésion de la Turquie à l’Union ? L’un de leurs arguments forts était qu’on ne pouvait pas y admettre un pays qui persistait à ne pas reconnaître que l’Empire ottoman, dont il est l’héritier, avait bel et bien commis contre sa population arménienne le premier des trois génocides du XXe siècle. L’Europe, disaient-ils, ne peut pas prêter la main à un tel négationnisme. Elle ne le peut ni vis-à-vis d’elle-même ni vis-à-vis des Arméniens, ajoutaient-ils à juste titre, mais le fait est que l’Arménie vient de normaliser ses relations avec la Turquie.…  Seguir leyendo »

Comment le comprendre ? Comment expliquer que les Iraniens aient soudainement arrondi les angles avec les grandes puissances, alors même qu’ils se montraient intraitables depuis tant d’années et venaient juste de faire monter les enchères avant ces discussions de jeudi ?

La réponse divise chacune des capitales occidentales car il y eut bel et bien percée à Genève, une percée qui ne garantit rien en elle-même mais dont l’ampleur est aussi inattendue qu’apparemment prometteuse. Ce n’est pas seulement que, pour la première fois depuis trente ans, ces discussions ont permis un contact bilatéral direct entre diplomates américain et iranien, qu’elles reprendront avant la fin de ce mois et que l’Iran s’est engagé à ouvrir d’ici là – ce sera le 25 octobre – son site nucléaire secret de Qom aux inspecteurs de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) dont le directeur vient d’être reçu à Téhéran.…  Seguir leyendo »

Oui ? Non ? Beaucoup de choses dépendront de la réponse que les Irlandais donneront, vendredi, à leur second référendum sur le traité institutionnel européen. Si c’est «oui», ce traité entrera rapidement en vigueur puisque même les Tchèques ne pourraient plus le bloquer longtemps. L’Union aura, alors, un président, un homme ou une femme qui l’incarne sur la scène internationale. Elle aura non seulement un «Haut Représentant», un ministre des Affaires étrangères, mais également un service diplomatique commun, chargé d’harmoniser les positions des Vingt-Sept, de réduire leurs divergences et, surtout, d’affirmer leurs convergences, plus nombreuses qu’on ne le croit.

Plus important encore, les dirigeants des Etats membres devront, à l’avenir, proposer au Parlement un candidat à la présidence de la Commission qui soit issu de la majorité choisie par l’électorat paneuropéen.…  Seguir leyendo »

La scène internationale ne se ressemble plus. Les Européens y deviennent plus durs que les Etats-Unis. Barack Obama est de loin plus populaire auprès des opinions française ou allemande que dans son propre pays. Russes, Chinois et Américains convergent, contre les Européens, à propos de l’Iran tandis que l’Afghanistan suscite les mêmes craintes, de Washington à Téhéran en passant par Londres ou Moscou.

Les rôles s’échangent. Les situations se renversent et le meilleur exemple en est l’affaire du nucléaire iranien, relancée mercredi dernier par une offre de Téhéran de discuter de tout… sauf du nucléaire.

Embarras immédiat de la Maison-Blanche, car elle préférait ne pas ajouter un constat d’échec iranien à l’impasse afghane et à ses difficultés intérieures.…  Seguir leyendo »

Mikhaïl Saakachvili n’est pas le seul coupable. Ses responsabilités sont immenses. Il s’est lancé à la reconquête de l’Ossétie sécessionniste sans penser le coup d’après, sur un coup de dés,sans être certain que l’Occident l’appuierait face à l’inéluctable réaction russe. Il a créé une crise internationale de première ampleur et mené son peuple à une défaite assurée, mais la profondeur même de cette aberration dit qu’elle ne peut pas relever de sa seule erreur.

Ces trois jours de guerre, ces destructions, ces morts inutiles sont aussi le fruit de l’incohérence de l’Europe et des Etats-Unis face à la Russie, de leur constante volonté de la contrer sans en avoir les moyens ni, surtout, de vraies raisons de le faire.…  Seguir leyendo »