Dominique Eddé

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Sablier pour idées noires

«De quel mal souffrez-vous le plus ? » Presque tous ceux à qui je pose la question me répondent : l’absence d’espoir. Puis viennent les récits. Avec plus ou moins d’accablement, de dépression, de grande colère. Neuf fois sur dix, la suite est confiée à « Dieu », le malheur accepté, accueilli. « Grâce à Dieu. » « El-Hamdulillah. » Les têtes ne peuvent plus réfléchir ni les yeux voir en face. Les bras n’ont plus le droit d’embrasser. Ils tombent.

Sur les visages masqués, la solitude se voit à la loupe, elle est toute concentrée dans les regards qui hésitent entre se figer et fuir.…  Seguir leyendo »

Beyrouth, le lendemain des deux explosions du 4 août. Photo Myriam Boulos

Avec le choc dévastateur du 4 août, les Libanais sont arrivés au bout du bout. La faillite sociale, financière, économique est totale. Ceux qui peuvent s’en vont, ceux qui restent ne peuvent rien ou presque. En dépit de la démission du gouvernement et d’une poignée de membres du Parlement, les restes moribonds de l’ancien régime affichent encore leur volonté de durer. «Il est mort mais il s’obstine», dit le dicton argentin. A moins d’une rupture décisive, cette interminable agonie peut sacrifier un peuple au nom d’une clique. Pendant ce temps, on ne compte pas le nombre de groupes et de personnes qui se mobilisent, avec une formidable efficacité, pour sauver les vies, les maisons brisées.…  Seguir leyendo »

Joseph Eid/AFP via Getty Images

NEW DELHI, INDIA—Everything is normal, and nothing is. On March 25, the prime minister made his big announcement at 8 PM: Indians, all 1.3 billion of us, were now under lockdown. Flights, trains, and interstate bus services were suspended. Everyone must stay indoors, and would need curfew passes for any movement outside, including visits to pharmacies and grocery stores,  even emergencies such as funerals and hospital visits. Overnight, aside from essential government services and some businesses, the country came to a grinding halt. It was an emotional speech, as is usual for Narendra Modi, but an impractical one—offering no word of reassurance that food and groceries would be available through the next three weeks.…  Seguir leyendo »

Street scene in the suburb of Dahieh, a Hezbollah stronghold on the outskirts of Beirut, Lebanon, 2012. Moises Saman/Magnum Photos

Lebanon is both the center of the world and a dead end. The broken little village of a planet that is sick. Chaotic, polluted, and corrupt beyond belief, this is a country where beauty and human warmth constantly find ways to break through. It is impossible to name that feeling of being assaulted and charmed at the same time. You are in the city center, you stroll down a sidewalk eighteen inches wide, assailed from all sides by the confusion of buildings and traffic, torn between the appeal of the sea and the stench of garbage, and suddenly your gaze is soothed by the play of light on a stone wall, by bougainvilleas cascading from an ancient balcony, by the balcony itself.…  Seguir leyendo »

Au même titre que le 11 septembre 2001, le 13 novembre 2015 est un énorme coup de calendrier. Ce n’est pas une conquête de territoire, c’est un assaut contre le temps. Le temps de la France, de l’Europe, de sa culture. C’est un piège. Il intervient au moment où le monde des puissants est en perte gravissime de vision. On peut même dire qu’il l’a tant sacrifiée au bénéfice de ses intérêts à court terme qu’il n’en a plus. Le b-a-ba de la logique politique a été dynamité par la logique économique et financière. Alliances et mésalliances se succèdent désormais à un rythme improvisé, parfaitement chaotique.…  Seguir leyendo »

«J’ai rencontré le pays du Mal», écrivait Domenico Quirico à propos de ses cinq mois d’enfer en Syrie (1). L’effroi et la compassion, que nous inspire sa terrible expérience, n’en rendent pas moins sa phrase inquiétante, au même titre que sa conclusion : «Notre histoire, c’est celle de deux chrétiens dans le monde de Mahomet et de la comparaison entre deux fois différentes : la mienne, simple, faite de don de soi et d’amour, et la leur, qui est faite de rituels.»

La métaphore – «le pays du Mal» – n’est pas une image dans l’esprit de son auteur. C’est une réalité : c’est la Syrie.…  Seguir leyendo »