Georges Nivat

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C’était dimanche 1er mars. Sur le champ de Mars de Saint-Pétersbourg, où depuis 1919 brûle une flamme éternelle « Pour toutes les victimes des tyrans », la manifestation prévue « Contre la guerre ! Contre la crise ! » se transforma, comme à Moscou, en meeting de deuil pour la mort de Boris Nemtsov, assassiné la veille. Sans doute sept à huit mille participants. Certains enveloppés dans le drapeau ukrainien. « Boris ! Luttons ! », « La propagande tue », « A bas la spéculation ! Nationalisons les entreprises ! » ou encore « Kremlin, territoire terroriste ».…  Seguir leyendo »

Je suis arrivé en Ukraine la semaine avant le début de la confrontation entre le gouvernement provisoire de Kiev et les milices pro-russes de Lougansk, Donetsk et Slaviansk. Dès le premier soir, je commençai par une visite à Maïdan ou plutôt à la partie du monumental boulevard Krechtchatik (reconstruit après la guerre) où les tentes de Maïdan s’alignent sur la chaussée, fermée à tout trafic. Sur les trottoirs, les terrasses de café sont ouvertes, on consomme dans une douceur presque estivale. Le spectacle, avec lampadaires sur trottoir et lumignons de chaumière sous les tentes, est assez fantastique. Se su­perposent panneaux d’affichage, caissettes pour recueillir les dons, icônes, peintures de style primitif.…  Seguir leyendo »

Comme tous les slavistes français, j’étais sans le savoir « impérialiste », c’est-à-dire que je ne me rendais pas compte de l’importance de la culture et de la langue ukrainiennes. La Sorbonne nous proposait le polonais, le serbo-croate, le tchèque, le bulgare. L’ukrainien ne faisait pas partie du choix.

J’appris l’existence de l’église Saint-Volodimir-le-Grand du boulevard Saint-Germain à Paris, foyer de culture ukrainienne, en parlant avec mon maître Pierre Pascal (1890-1983), qui s’y rendait parfois. Aujourd’hui je m’efforce de rattraper mon retard…

A l’évidence il nous manque en français une histoire moderne et responsable de l’Ukraine, de sa culture, une anthologie de sa poésie.…  Seguir leyendo »

Le slaviste Georges Nivat écrit à son ami éditeur et philosophe Constantin Sigov, qui se trouve sur la place de l’Indépendance à Kiev.

En réponse à la lettre de Constantin Sigov, «Surmonter le défi de la peur à Kiev», parue dans «Le Monde» du 3 février 2014. Constantin Sigov est professeur de philosophie, fondateur et directeur des Editions «Dukh i Litera» (l’Esprit et la Lettre)

Mon cher Constantin, tu as écrit un témoignage enflammé qui contient aussi une analyse précise et un portrait magnifique de Liza, l’infirme qui organise le secours aux blessés.

Nous n’aurions pas pu l’écrire! De loin nous n’avons pas la possibilité de ce cri du cœur, mais ton cri, nous l’entendons.…  Seguir leyendo »

Difficile mémoire russe… Les violences du samedi 11 décembre sur la place du Manège, au centre historique de Moscou, sont venues rappeler que la Russie d’aujourd’hui a ses problèmes d’immigrés, comme le reste de l’Europe, en partie hérités de son empire, et qu’elle est loin d’être un pays à l’encéphalogramme social plat. C’est peut-être du problème national que partira l’étincelle qu’on peut prévoir.

«La Russie aux Russes» est un slogan impossible dans un pays qui est multiracial depuis son berceau: peuples de la steppe intégrés dans le creuset moscovite, Tatares vaincus mais intégrés depuis le XVIe siècle, peuples du Caucase arrimés à l’empire depuis la fin du XVIIIe et les guerres coloniales du XIXe.…  Seguir leyendo »