Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

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Plus grande catastrophe humanitaire du XXIe siècle, la guerre en Syrie est un échec collectif de notre « responsabilité de protéger » (R2P). Apparue en 2001, unanimement adoptée par l’Assemblée générale des nations unies en 2005, la R2P est une doctrine par laquelle les Etats s’engagent à protéger les populations des atrocités de masse (génocide, crimes contre l’humanité, nettoyage ethnique, crimes de guerre). Elle s’organise autour d’une double norme : la responsabilité principale des Etats de protéger leurs populations, qui est une obligation juridique, et la responsabilité subsidiaire de la communauté internationale de le faire en cas de défaillance, qui est un appel moral et politique.…  Seguir leyendo »

Au lendemain des attentats du 13 novembre, la France est entrée en guerre contre l’organisation Etat islamique en Syrie et a intensifié ses frappes sur le territoire sous contrôle des djihadistes. Cette nouvelle intervention de la France – la cinquième depuis 2011 (Libye, Mali, RCA, Irak) relance le débat sur l’efficacité de cette stratégie militaire. Faut-il la poursuivre ou privilégier la diplomatie préventive pour résoudre les conflits armés ? Pour Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, titulaire de la Chaire d’études sur la guerre du Collège d’études mondiales (FMSH) et chargé de mission au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des affaires étrangères, « quand on sait que les négociations ne déboucheront sur rien alors que parallèlement les exactions se poursuivent », l’intervention militaire semble légitime.…  Seguir leyendo »

Après deux ans, près de 100 000 morts, 4 millions de déplacés et 1,5 million de réfugiés, la guerre civile syrienne est dans une impasse. Les Occidentaux comprennent que le régime est plus fort qu’ils le pensaient et qu’il gagne même du terrain – même si, en réalité, ses progrès sont mineurs et ne permettent pas de dire qu’Assad “gagne” la guerre. Il empêche plutôt les rebelles d’avancer. Il n’y a pas de gagnant en Syrie, que des perdants.

Le conflit se sectarise – Assad s’appuyant sur des dizaines de milliers de miliciens majoritairement alaouites – et il se régionalise avec les attentats et obus sur la frontière turque, l’enlèvement d’observateurs onusiens sur le plateau du Golan, les frappes israéliennes contre des stocks ou des convois d’armes et, surtout, les débordements récents sur le Liban, suite au rôle du Hezbollah dans la bataille de Qoussair (affrontements à Tripoli et Saïda, roquettes à
Beyrouth).…  Seguir leyendo »

Dans une résolution du 1er juillet 2011, l’Union africaine (UA) “décide que les Etats membres ne coopéreront pas à l’exécution du mandat d’arrêt” contre Kadhafi et demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’“annuler le processus de la CPI [Cour pénale internationale] sur la Libye”. Ce faisant, elle poursuit une politique entamée exactement deux ans plus tôt en réaction au mandat d’arrêt émis contre le président soudanais. Plusieurs Etats africains parties au Statut de Rome avaient alors accueilli Omar Al-Bashir au lieu de l’arrêter (Tchad, Kenya, Djibouti).

Comment comprendre ce camouflet fait à la justice pénale internationale ?…  Seguir leyendo »

L’intervention militaire en Libye donne lieu à certaines confusions. On parle volontiers d’une renaissance du droit d’ingérence, qui aurait été rebaptisé “responsabilité de protéger”. Sans jamais questionner la réalité d’un tel droit – puisqu’il est de notoriété publique, en France, qu’il existe et que Bernard Kouchner en est “l’inventeur”. Double falsification. Ce que l’on appelle l’ingérence est le fait pour un Etat de violer la souveraineté d’un autre Etat en utilisant la force pour mettre fin à des violations graves des droits de l’homme – mais cela n’a jamais été un droit. Et Bernard Kouchner a seulement popularisé cette idée qui n’est ni française ni récente.…  Seguir leyendo »