Jean-Pierre Filiu

Nota: Este archivo abarca los artículos publicados por el autor desde el 1 de diciembre de 2008. Para fechas anteriores realice una búsqueda entrecomillando su nombre.

Allemagne

Daech considère le continent européen comme un théâtre intégré d’opérations terroristes. La fermeture toute récente du corridor d’accès des djihadistes à la Turquie est intervenue trop tard pour casser l’élan de la campagne d’Europe, lancée par le bien mal-nommé Etat islamique depuis le printemps 2014. C’est pourquoi il faut élargir les problématiques hexagonales, au mieux franco-belges, pour appréhender la menace djihadiste dans sa réalité européenne. L’Allemagne constituera la première de ces études de cas, suivie du Danemark et de l’Espagne.

UNE DYNAMIQUE FRANCO-ALLEMANDE

La carte ci-dessous rend compte des actions menées ou inspirées par Daech durant un seul mois, de la mi-juillet à la mi-août 2016.…  Seguir leyendo »

On entend et on lit encore trop souvent que les tueurs de Daech, le bien mal-nommé « Etat islamique », agiraient en « représailles » après les actions militaires menées contre leur organisation. Il est vrai que les assassins du Bataclan, tout comme les organes de Daech, ont mis en avant ces justifications mensongères. Cela prouve juste qu’une structure totalitaire mène une guerre totale, qui inclut la déstabilisation de l’ennemi par la propagande. Cette arme de la propagande n’en est qu’une parmi d’autres d’un combat sans merci.

Le risque est réel, en relayant plus ou moins volontairement les thèses djihadistes, de perdre le sens de l’épreuve de force en cours.…  Seguir leyendo »

Les attentats du 13 novembre  2015 à Paris et à Saint-Denis ont chargé d’un sentiment d’urgence, voire d’angoisse, le nécessaire débat sur la prévention du recrutement djihadiste. On en est souvent venu à oublier, pris que nous sommes si souvent dans nos logiques hexagonales, que les djihadistes français représentent moins de 3 % des combattants étrangers enrôlés sous la bannière de Daech, le bien mal nommé «  Etat islamique  ». Toute réponse par trop franco-française trouve ainsi en elle-même ses propres limites. Les attentats qui ont ensanglanté Bruxelles, mardi 22 mars, le rappellent tragiquement.

Des querelles de personnes, souvent vieilles de longues années, se sont réveillées ces derniers mois.…  Seguir leyendo »

Au-delà de l’horreur qui nous a saisis, face au carnage des attentats du vendredi 13 novembre, il importe de dépasser la lecture au premier degré de la propagande djihadiste. Car Daech, le bien mal nommé « Etat islamique  », ment avec autant de constance que les autres organisations totalitaires. Accepter que les attentats de Paris et de Saint-Denis soient une « riposte » à l’intervention française en Syrie revient à tomber dans le piège de la rhétorique djihadiste.

Reprenons, en effet, la chronologie, pour éclairer les étapes de l’escalade de Daech, sur les trois temps de mai 2014, janvier et novembre.…  Seguir leyendo »

Capture d'écran du site du ministère russe de la Défense, affirmant dévoiler une frappe aérienne effectuée le 6 octobre en Syrie. Photo AFP

Le maître du Kremlin ne fait que prolonger, par son invasion de la Syrie en septembre 2015, l’œuvre de démolition lancée par George W. Bush avec son invasion de l’Irak en mars 2003. La mobilisation citoyenne qui s’était opposée à l’invasion de «W» éclaire en creux le silence qui accompagne l’invasion de «Vlad» en ce moment même. Que nous est-il donc arrivé, à tous et à chacun, pour que les préjugés culturalistes, au mieux, les théories conspirationnistes, au pire, prennent le pas sur le libre exercice de notre raison ? Poutine, lui, n’a pas plus changé que Bachar, quiconque s’oppose à lui est un «terroriste».…  Seguir leyendo »

The current conflict in Gaza is the third since 2008. If nothing is done to address the root causes, any cease-fire agreement between Israel and Hamas will only be a pause before the next outbreak of violence. The collective impotence of the world’s leaders is striking, since the Gaza Strip is, within the broader Israeli-Palestinian conflict, a far less complex issue to handle than East Jerusalem and the West Bank.

All parties have endorsed the Gaza Strip’s borders, which were drawn in 1949 at the end of the first Arab-Israeli war. The last Israeli settler left Gaza in 2005, after Ariel Sharon opted for a unilateral withdrawal, similar to Ehud Barak’s disengagement from southern Lebanon in 2000.…  Seguir leyendo »

Abou Bakr Al-Baghdadi est sans doute devenu aujourd’hui l’homme le plus dangereux du monde. Ce n’est pas faute de l’avoir écrit, répété, martelé bien longtemps avant ce funeste mois de juin où les commandos djihadistes ont mis en déroute l’armée irakienne à Mossoul, la principale ville du nord du pays. Al-Baghdadi et son « Etat islamique » n’ont alors pas seulement mis la main sur un arsenal considérable – offert par les Etats-Unis à ses alliés locaux –, ils ont saisi près de 500 millions de dollars (373,5 millions d’euros) dans les banques de Mossoul.

A titre de comparaison, Oussama Ben Laden avait chiffré publiquement à 500 000 dollars le coût global de préparation et d’exécution des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.…  Seguir leyendo »

Oublions «Plomb durci» (2009), «Pilier de défense» (2012) ou «Bordure protectrice», le nom de code israélien de l’offensive en cours contre Gaza. Tant qu’à employer un tel registre, je préfère «Eternel recommencement», le titre de l’opération lancée, en 2005, par Ariel Sharon contre la bande de Gaza, le mois suivant le «retrait unilatéral» des colons et des militaires d’Israël hors de ce territoire.

L’occupation de Gaza se poursuit depuis lors, sous une autre forme, moins directe, tout aussi violente et arbitraire, avec des incursions régulières à l’énoncé «codé». Tout étudiant en première année de droit sait qu’un blocus est un acte de guerre.…  Seguir leyendo »

Qui veut appréhender la dimension universelle de la tragédie syrienne gagnera à se (re)plonger dans Hommage à la Catalogne (Gallimard, 1955) de George Orwell (1903-1950). Il y retrouvera les civils trop confiants dans la justesse de leur cause pour s’armer en conséquence. Les miliciens formés à la hâte derrière leurs barricades de fortune. Les trésors d’ingéniosité populaire pour faire vivre les familles les plus démunies. Et les querelles des différentes factions qui se disputent le contrôle d’une République pourtant menacée de toutes parts.

Ce parallèle avec la guerre d’Espagne a été tracé dans la presse dès septembre 2012, lorsque des reporters à Alep ont comparé les bombardements incessants de la ville à un moderne Guernica.…  Seguir leyendo »

Hafez al-Assad a construit la stabilité de son régime, depuis son coup d’Etat en 1970 jusqu’à sa mort en 2000, sur la manipulation à son profit de l’instabilité régionale. Son fils et héritier Bachar s’efforce aujourd’hui de sauver un pouvoir acculé de toutes parts en prenant en otages les pays voisins de la Syrie.

Une première manœuvre de ce type a échoué au printemps 2011 lorsque, au tout début de la vague de contestation populaire, le despote syrien a lancé à deux reprises des manifestants «spontanés» sur les lignes de cessez-le-feu du Golan. L’armée israélienne a réagi avec une extrême fermeté à cette violation sans précédent de la trêve prévalant depuis 1974, sous l’égide de l’ONU.…  Seguir leyendo »

Au fil des reportages et des éditoriaux consacrés au «printemps arabe», on en venait à oublier que le soulèvement régional avait été déclenché en Tunisie dans les derniers jours de l’automne 2010, puis que l’autocrate égyptien était tombé au cœur de l’hiver. L’été tirait à sa fin et les commentateurs s’interrogeaient déjà sur «l’enlisement» d’une contestation apparemment incapable d’ajouter un troisième dictateur à son palmarès. La victoire de l’insurrection à Tripoli ne relance pourtant pas en tant que telle le cycle des saisons révolutionnaires, elle s’inscrit, comme les autres manifestations de ce mouvement multiforme, dans le temps long d’un profond bouleversement, à l’échelle de l’ensemble du monde arabe.…  Seguir leyendo »

Le soulèvement démocratique qui traverse le monde arabe n’en est qu’à ses débuts et, comme toutes les grandes pulsions historiques, il connaîtra des revers, des reflux, des trahisons et des ruptures. Cette intifada (traduction littérale de «soulèvement») ne se déroule pas sur un écran virtuel où s’allumeraient des clignotants plus ou moins rouges au gré des troubles.

Il n’y aura pas d’effet domino entre des mouvements qui sont, pour chacun d’entre eux, enracinés dans un contexte spécifique. Mais nous assistons à une renaissance à bien des égards irrésistible, la victoire d’une génération déterminée à reprendre en main son destin. Et cette moderne renaissance porte en elle les promesses inaccomplies et l’énergie émancipatrice de la première renaissance, célébrée sous sa dénomination arabe de Nahda, qui s’ouvrit par l’expédition de Bonaparte en Egypte et se conclut par la seconde guerre mondiale.…  Seguir leyendo »

Oussama Ben Laden et ses partisans peuvent se féliciter d’avoir, depuis Noël 2008, déchaîné une tempête médiatique et réveillé les angoisses sécuritaires. Pour une organisation en perte de vitesse, le succès n’est pas mince et il aurait encore été amplifié si, par malheur, l’attentat contre le vol Amsterdam-Detroit n’avait pas été déjoué.

Mais Al-Qaida en a été réduite à revendiquer une attaque avortée et à avouer la défaillance de son explosif artisanal, car elle joue déjà le coup suivant, dans une dialectique éprouvée entre «l’ennemi proche», faussement musulman à ses yeux, et «l’ennemi lointain», l’Amérique et ses alliés «croisés».

Il ne faut jamais perdre de vue le but ultime d’Al-Qaida, soit l’établissement d’un califat révolutionnaire à La Mecque et à Médine.…  Seguir leyendo »

Est-il normal, supportable ou raisonnable qu’Al-Qaeda puisse agir en toute impunité sur Internet ? Son jihad virtuel ne connaît ni trêve ni relâche, la Toile résonne en permanence d’exhortations à la vengeance contre «les juifs et les croisés» et à la liquidation des «apostats» et autres «mauvais musulmans». Ces pamphlets ravageurs, ces documentaires bellicistes sont scrutés avec méthode par les services de sécurité, qui s’efforcent d’y décrypter les évolutions de la rhétorique jihadiste et d’anticiper les prochaines menaces. Mais, tandis que se poursuit cette veille studieuse, une idéologie de haine et de mort continue de se répandre.

Internet demeure le dernier espace où Al-Qaeda peut se développer sans entrave.…  Seguir leyendo »