Johann Chapoutot

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On a beaucoup parlé des Balkans dans les années 90 : l’éclatement de la Yougoslavie, entre des Serbes ultranationalistes, qui se réclamaient de la légitimité «yougoslave», et des Républiques fédérées comme la Croatie, la Slovénie, la Macédoine ou la Bosnie, qui réclamaient plus d’autonomie, voire l’indépendance, a abouti à une guerre atroce qui a marqué durablement les contemporains. De siège de Sarajevo en épurations ethniques, notre presse et nos écrans furent saturés de ce qui se passait à nos portes – avant la réplique kosovare à partir de 1999 et l’intervention de l’Otan. Depuis, les Balkans sont calmes : une à une, les ex-Républiques socialistes fédératives entrent, ou espèrent entrer, dans l’Union européenne en s’intégrant à des espaces économique et juridique qui sont, peu ou prou, nôtres.…  Seguir leyendo »

En assistant à ce spectacle, on songe aux mauvais films de science-fiction mettant en scène de maléfiques robots voués à la destruction de la planète et de l’humanité, ou aux machines de la Guerre des mondes : imaginez une excavatrice de 200 mètres de long, 50 mètres de large, d’une puissance de milliers de chevaux, munie d’une gigantesque roue à godets d’une part, d’un tapis d’extraction à jet continu de l’autre. Un monstre assez terrifiant, qui avance de quelques mètres chaque minute – vitesse stupéfiante pour une chose qui dévore la terre – et extrait près de 250 000 m3 de matière par jour.…  Seguir leyendo »

Pour changer un peu, parlons du référendum par lequel le peuple du Royaume-Uni a exprimé sa volonté de sortir de l’Union européenne – pardon pour la périphrase, mais le «Brexit» ne me semble pas très orthodoxe linguistiquement.

Beaucoup de réflexions sagaces et pertinentes ont été formulées sur les implications sociologiques (le vote des classes populaires), politiques (la fracture interne qui parcourt le Labour et les tories), nationalitaires (la question écossaise, le problème irlandais). Bien des scénarios ont été échafaudés sur la suite. Quelques rappels historiques ont été faits (le référendum de 1975), mais pas sur la longue durée et le rôle de la géographie en histoire (encore un plaidoyer pour l’union organique, si française, de l’histoire et de la géographie, me direz-vous).…  Seguir leyendo »

Tout le monde, ou presque, connaît l’anecdote : le feu est rouge pour les piétons mais, en l’absence de véhicule à 23 kilomètres à la ronde et donc de tout danger, quelqu’un traverse, immédiatement foudroyé du regard par quelques bons citoyens, indignés, presque horrifiés. La scène, bien entendu, se déroule en Allemagne ou en Suisse alémanique (jamais en Autriche, tiens donc !) et elle illustre par l’exemple cette intangible réalité, que l’on formule d’un air amusé ou envieux : là-bas, on ne plaisante pas avec la règle. Du sac aux stéréotypes touchant l’Allemagne, la scène décrite est souvent la première que l’on sort. …  Seguir leyendo »

En période de guerre froide, les métaphores climatiques étaient courantes. On a ainsi parlé, à plusieurs reprises, de dégel entre l’Est et l’Ouest.

Et si le véritable dégel ne se produisait que maintenant, vingt-cinq ans après la fin de l’Empire soviétique ? Non pas une chaleur réconfortante, mais la fonte d’un permafrost libérant des éléments peu aimables, jadis ou naguère retenus par la glaciation des sols.

Ainsi en va-t-il des nationalismes. La glaciation stalinienne s’est abattue, après 1945, sur des pays qui avaient beaucoup à reprocher aux traités de paix qui avaient mis fin à la Grande Guerre – ainsi de la Hongrie, où le mot «Trianon» est encore aujourd’hui un slogan brûlant, un reproche intense, presque une insulte.…  Seguir leyendo »

Il y a croit-on souvent, les livres à thèse et les livres d’histoire : les premiers relèveraient du genre de l’essai et autoriseraient une forme d’inventivité, tandis que les seconds s’astreindraient à péniblement reconstituer le réel « comme il fut vraiment ». Timothy Snyder nous offre, avec Black Earth : The Holocaust as History and Warning (Tim Duggan Books, 2015, non traduit), un livre d’histoire à thèse, et celle-ci surprend, voire choque. Snyder nous explique que, jusqu’ici, une dimension a généralement manqué dans notre intelligence de ce phénomène exorbitant que fut la Shoah. Il affirme que les menées criminelles du Troisième Reich furent solidaires d’une conception de la nature et d’une obsession de la pénurie chez les hiérarques de ce régime.…  Seguir leyendo »