Kendal Nezan

Nota: Este archivo abarca los artículos publicados por el autor desde el 1 de agosto de 2007. Para fechas anteriores realice una búsqueda entrecomillando su nombre.

Une civile kurde turque qui a rejoint les rangs des combattants qui luttent contre l'offensive turque, à Afrin, le 28 janvier. Photo Delil Souleiman. AFP

L’opinion publique occidentale semble l’ignorer mais l’invasion turque du canton kurde syrien d’Afrin est qualifiée de «jihad» ou guerre sainte par la Diyanet, la plus haute autorité religieuse du pays, à la demande sans doute du président turc lui-même.

La fatwa est serinée dans les 90 000 mosquées sunnites du pays où imams et prédicateurs, tous salariés d’un Etat supposé laïc, sont tenus de prier matin et soir avec leurs ouailles pour la victoire de l’armée de conquête turque et de leurs supplétifs syriens jihadistes.

Mimant le cérémonial guerrier des sultans, Recep Tayyip Erdogan a fait accompagner son corps expéditionnaire des tambours de la fanfare militaire ottomane Mehter revêtue des costumes d’époque.…  Seguir leyendo »

Des milliers de Kurdes sont morts pour débarrasser la Syrie et le monde du fléau de l’organisation Etat islamique. Ces femmes et ces hommes courageux, soutenus par la coalition internationale, ont brisé le mythe d’invincibilité de Daech (acronyme arabe de l’organisation EI), l’ont chassé village après village, ville après ville de tous les territoires où il sévissait y compris de Rakka, capitale de son soi-disant califat.

Parallèlement aux combats, les Kurdes ont mis en place des institutions, des conseils élus représentatifs des populations locales pour gérer ces territoires. Ils y ont accueilli, avec très peu d’aide internationale, plus d’un demi-million de réfugiés et de déplacés en grande partie arabes fuyant la barbarie de Daech ou celle du régime syrien.…  Seguir leyendo »

Lors du meeting de Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien, vendredi, dans le stade d’Erbil. Photo Christophe Petit Tesson.

Le 25 septembre, le peuple du Kurdistan irakien, toutes tendances et toutes confessions confondues, s’est massivement rendu aux urnes pour se prononcer sur son avenir. A près de 93% il a opté pour l’indépendance du Kurdistan.

Le scrutin, tout comme la campagne référendaire qui l’a précédée, s’est déroulé dans le calme, sans incident majeur et selon une procédure démocratique transparente.

Cela en soi constitue un miracle, car on n’est pas en Suisse, mais dans un pays du Moyen-Orient encore en guerre contre Daech [le groupe jihadiste Etat islamique, ndlr] et menacé par des Etats voisins qui n’ont pas lésiné sur les intimidations et les manœuvres diverses pour dissuader la population d’aller voter.…  Seguir leyendo »

Massoud Barzani (portrait) président du gouvernement régional du Kurdistan irakien jusqu’en 2015. Photo Safin Hamed. AFP

Dans trois mois, environ 3,5 millions d’électeurs kurdes auront à répondre par oui ou non à la question de l’indépendance du Kurdistan irakien. En 2003, après la chute de la dictature irakienne, le Parlement du Kurdistan, à la demande de la coalition anglo-américaine, a consenti à la participation des Kurdes dans les nouvelles institutions irakiennes dans l’espoir de bâtir un Irak nouveau, démocratique et fédéral, respectueux de l’identité et des droits de ses multiples composantes nationales, linguistiques et religieuses. Ces principes ont inspiré la nouvelle Constitution irakienne adoptée en 2005 par référendum par plus de 80 % des électeurs.

L’une des dispositions essentielles de cette Constitution, stipule que le gouvernement central devait organiser, avant le 31 décembre 2007, un référendum dans les territoires dits «disputés» (encore rattachés à Bagdad mais peuplés majoritairement de Kurdes, comme dans la région de Kirkouk) afin que les populations concernées puissent librement décider de leur rattachement ou non à la région du Kurdistan.…  Seguir leyendo »

Le Haut conseil électoral turc vient d’entériner les résultats du référendum du 16 avril sur les amendements constitutionnels accordant des pouvoirs sans partage au président Erdogan. Ces résultats, donnant une majorité étriquée de 51,4% au camp du «oui», ont été contestés par tous les partis de l’opposition ainsi que par ce qui, après l’interdiction de 1 500 associations, reste encore des organisations de la société civile comme l’Union des barreaux de Turquie.

Ils dénoncent de nombreuses irrégularités dont le bourrage massif des urnes, l’invalidation de près d’un million de bulletins en grande majorité en faveur du «non» et la prise en compte de plus de deux millions de bulletins frauduleux, non estampillés, en faveur du «oui».…  Seguir leyendo »

Les Nations unies viennent de publier un rapport accablant sur les « graves violations des droits de l’homme » et des crimes de guerre perpétrées par la Turquie dans « ses » provinces kurdes (« Report on the Human Rights Situation in South-East Turkey. July 2015 to December 2016 », HCDH).

Le rapport dénonce en particulier la destruction partielle d’une trentaine de villes et localités, souvent à l’arme lourde, et les massacres de civils dans le cadre du conflit contre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Derrière la triste des noms de villes victimes, il y a des hauts lieux de l’histoire et de la mémoire collective des populations locales.…  Seguir leyendo »

Menée par une coterie de généraux, de brigade et de division, sans soutien populaire, sans programme ni leadership identifiables, la tentative du putsch du 15 juillet a avorté. Son échec semble en grande partie dû au refus, au péril de leur vie, du chef des états-majors des armées, le général Akar, de son adjoint et du chef de l’armée de terre de donner aux putschistes la caution du haut commandement et à l’engagement décisif de général Dundar commandant la Ière armée basée à Istanbul aux côtés du gouvernement. La division dans les rangs de l’armée a permis aux forces spéciales aguerries de la police, acquises à un régime qui les a toujours chouchoutées, de mater la rébellion en coopération avec les unités militaires loyales.…  Seguir leyendo »

S’il devait être ratifié dans ses modalités annoncées, l’accord conclu avec Ankara par les dirigeants de l’Union européenne sur la crise des réfugiés serait moralement choquant, politiquement désastreux et, dans la pratique, contre-productif. Il est choquant à plusieurs titres. Comment le continent le plus prospère du globe, qui ne cesse, au nom des valeurs démocratiques qui fondent son identité, de donner des leçons de droits de l’homme à la Terre entière, peut-il abdiquer face à l’afflux d’un million de réfugiés représentant à peine 0,2 % de sa population ? Et cela, alors que le modeste Kurdistan irakien, peuplé de 6 millions d’habitants, accueille sur son sol, au nom des principes d’humanité, 1,8 million de réfugiés et déplacés à majorité arabe sunnite, mais aussi chrétiens et yézidis, fuyant la barbarie de Daech ou que le petit Liban, éprouvé par des guerres, héberge plus d’un million de Syriens, et que la pauvre Jordanie en abrite 700 000 ?…  Seguir leyendo »

Les attentats de Paris, intervenant après le crash d’un avion de line russe au-dessus du Sinaï et le carnage de Beyrouth revendiqués par Daech nous rappellent cruellement que loin de s‘affaiblir et de se cantonner à « Syraq », le potentiel de destruction de cette organisation terroriste devient planétaire. Cette menace est infiniment plus grave que celle d’Al-Qaida en son temps car, à la différence de cette dernière, dépourvue de base logistique permanente et formée de quelques centaines d’individus, Daech est un quasi Etat disposant de ressources humaines et matérielles incomparables. Il contrôle un territoire plus vaste que celui du Royaume Uni, peuplé de huit millions d’habitants.…  Seguir leyendo »

Contrairement au 11 Septembre ou à l’attentat contre Charlie Hebdo, le massacre perpétré au cœur de la capitale turque, qui a bouleversé une grande partie de la population, n’a donné lieu à aucune manifestation de l’union nationale, à aucune cérémonie officielle. Certes, le gouvernement a décrété un deuil de trois jours, mais aucun représentant de l’Etat, ni ministre ni même gouverneur de province, n’a participé aux funérailles des victimes. Ce n’est que quatre jours après le drame que le président Erdogan s’est rendu, en catimini, sur le lieu de la tuerie pour y déposer quelques fleurs.

Critiqué pour l’opacité des enquêtes judiciaires concernant le précédent attentat meurtrier du 5 juin contre un rassemblement électoral du parti pro-kurde HDP à Diyarbakir et celui du 20 juillet, qui a tué 35 jeunes volontaires réunis dans la bourgade frontalière de Suruç pour aller participer à la reconstruction de la ville martyre de Kobané, le gouvernement turc aggrave son cas en imposant aux médias un black-out total sur les informations relatives au massacre d’Ankara.…  Seguir leyendo »

La Turquie vient d’annoncer la fin du processus de paix lancé en 2012 pour tenter de trouver une solution politique au conflit qui l’oppose à la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). La population kurde a voulu croire un temps aux promesses de paix de M. Erdogan et lui a apporté un soutien décisif lors de l’élection à la présidence en 2014. Puis, le paquet de réformes s’est révélé vide de substance et la connivence du pouvoir turc envers Daech lors du siège de la ville kurde syrienne de Kobané, en Syrie, à l’automne 2014 a dissipé les dernières illusions sur les intentions d’Ankara.…  Seguir leyendo »

L’Etat islamique constitue une menace mortelle pour la survie de l’Irak et pour la stabilité de l’ensemble du Proche-Orient. L’inaction de la communauté internationale en Syrie a laissé le champ libre aux jihadistes. L’incurie du gouvernement de Bagdad et la forfaiture de son armée leur ont permis de conquérir en quelques jours le tiers du territoire irakien et de s’emparer d’un gigantesque arsenal d’équipements militaires d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi que des montants considérables de cash.

Depuis deux mois, les Kurdes résistent seuls sur plus de 1 000 km de frontières à cette déferlante de jihadistes alliés aux ex-officiers et partisans aguerris de Saddam Hussein.…  Seguir leyendo »

L’usage des gaz toxiques le 21 août dans la banlieue de Damas a sans doute marqué un tournant dans la guerre civile qui ravage depuis deux ans la Syrie. Le seuil de l’intolérable a été franchi et plus qu’un crime de guerre, un crime contre l’humanité a été perpétré, la convention de Paris de 1993 sur l’interdiction de l’utilisation des armes chimiques, ratifiée par 189 Etats a été violée. Si le droit international a un sens, un crime de cette ampleur doit être sanctionné sévèrement. En principe par l’ONU, qui incarne la légalité internationale. Malheureusement, pour des raisons tenant à la composition et au mode de fonctionnement du Conseil de sécurité ou au nom du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, l’ONU est restée impuissante face aux grandes tragédies des dernières décennies comme les génocides perpétrés au Cambodge et au Rwanda, les campagnes génocidaires de Saddam Hussein en Irak ou le calvaire de la Bosnie.…  Seguir leyendo »

Dans chaque guerre, chaque rupture politique majeure, il y a des gagnants et des perdants. Dans le cas de l’Irak, les gagnants incontestables sont les Kurdes et les chiites qui, ensemble, forment plus de 80% de la population irakienne.

Contrôlant déjà une grande partie de leur territoire, les Kurdes, avec le soutien aérien américain, ont libéré tout l’Irak du Nord, y compris les deux grandes villes de Kirkouk et de Mossoul. Tout en participant au processus de reconstruction de l’Irak, ils ont saisi la chance historique qui leur était offerte de reprendre leur destin en main et d’édifier une société démocratique et prospère, susceptible de servir de modèle au reste de l’Irak et aux 30 millions de Kurdes des pays voisins.…  Seguir leyendo »