Matthieu Rey

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Les anniversaires sont l’occasion de bilans. Pour certains analystes, la question consiste à départager les vainqueurs, sur le champ de bataille ou cette autre arène qu’est l’analyse. Une autre interrogation peut cependant faire sens aussi : comment un soulèvement populaire dans un pays secondaire en matière stratégique a-t-il pu devenir une «cause» et incarner les incertitudes d’une époque ? Rappelons quelques faits malheureusement oubliés. La Syrie n’est pas un pays détenteur de ressources fabuleuses et ne peut être comparée en cela à l’Irak. De même, elle peut être largement évitée des axes de circulation. Aucun gazoduc ne guide sa destinée. En revanche, dotée d’un système extrêmement particulier la gouvernant, peuplée d’une grande diversité de populations, reflétant par là bien d’autres espaces dans le monde, formulant des enjeux fondamentaux dès le début des événements, des enjeux faisant écho aux problèmes soulevés dans de nombreux pays, la Syrie en est venue à incarner les contradictions d’une époque.…  Seguir leyendo »

Par sentiment de défi, mais aussi pour rappeler ce pourquoi la Syrie saigne depuis 2011, ils sont descendus par milliers à Saraqeb, à Idlib ou à Maarat Al-Nouman. Les premières villes de cette vaste zone à s’être libérées en 2012 sont redevenues, le temps du vendredi 31 août, les places révolutionnaires appelant à la chute du régime. L’avenir, pourtant, s’annonce sombre et semblait se décider ailleurs. Dimanche 9 septembre, les avions russes leur répondaient en bombardant la place.

Alors que la « communauté internationale » scrutait les réactions de Téhéran, de Moscou, de Washington, de New York, glosait sur le sens à donner aux actions de M.…  Seguir leyendo »

Le récent déclenchement des bombardements aériens sur la Ghouta orientale de Damas, pour désespérant qu’il soit, ne surprend guère. Il n’est que la suite logique des entreprises répressives menées par le régime d’Assad à l’encontre des zones dans lesquelles la population, un jour, a osé défier son ordre. Nulle surprise donc que son sort soit commun à celui d’Alep… Le gigantisme de la violence qui ne fait que débuter, faite de pilonnages incessants avant une probable action terrestre, qui elle-même s’accompagnera de toutes les horreurs possibles, ne peut guère surprendre. Non seulement la Ghouta est aux portes de Damas, la capitale, mais, de plus, elle a su résister à la famine, à l’humiliation et aux multiples coups portés depuis 2011…

La vengeance sera froide, calculée et implacable.…  Seguir leyendo »

De quoi résulte le 13-Novembre ? De manière aisée, nous pourrions répondre par l’évidence : de l’existence du groupe Etat islamique (EI), commanditaire et ordonnanceur des attaques semble-t-il, qui, armant le bras de jeunes Européens majoritairement (Belges ou Français), a frappé la capitale française. Ce récit qui n’épuise en rien la douleur de tels événements, amène à réfléchir sur ce phénomène qui capte tous les fantasmes actuellement, appelant nos hommes politiques à parler de « guerre ». De quoi les attaques de l’Etat islamique sont-elles le nom ?

D’abord, il faut le rappeler, la matrice irako-syrienne explique la genèse et l’expansion de ce groupe.…  Seguir leyendo »

La Syrie s’est à nouveau rappelée à l’attention de la communauté internationale ce week-end avec la « reconquête » de Palmyre par les forces du régime de Bachar al-Assad aidées de leur allié russe. Naturellement, le patrimoine mondial mérite d’être défendu ! Mais cette ligne de conduite ne doit pas pour cela nous empêcher de regarder froidement ce que signifie ce dernier retournement de situation pour mieux en apprécier l’importance.

Palmyre a été conquise par l’organisation Etat islamique (EI), en mai 2015 sans que la ville ne soit l’objet d’intenses combats. Au contraire, un retrait en bonne et due forme des autorités – et surtout le transfert des prisonniers détenus dans l’une des plus célèbre prison-bagne du régime d’Assad – avait semble-t-il précédé leur avancée, qualifiée à leur époque de fulgurante.…  Seguir leyendo »

L’émergence de l’Etat islamique (Daech) tient directement à deux expériences récentes – la guerre civile irakienne et la révolution syrienne – et à une matrice commune – le règne du parti Baas pendant trente ans. Il n’est pas anodin que ce nouvel acteur politique soit apparu en Irak et en Syrie, deux pays marqués par l’expérience de trente ans de pouvoir autoritaire dominé par les Assad pour la Syrie et par Saddam Hussein pour l’Irak (1970-2000).

Tous deux gouvernent au nom du baasisme, système autoritaire prônant le nationalisme arabe. Sans revenir en détail sur la nature de ce régime, ni minimiser les différences propres aux deux Etats, il demeure quelques traits communs à l’Irak et à la Syrie : l’Etat de droit a cédé la place à une nébuleuse de polices politiques en charge de réduire les populations à l’obéissance sous la conduite d’un chef.…  Seguir leyendo »