Myriam Benraad

Nota: Este archivo abarca los artículos publicados por el autor desde el 1 de abril de 2009. Para fechas anteriores realice una búsqueda entrecomillando su nombre.

A Washington, l’année 2018 s’est refermée avec l’annonce, relativement brutale, d’un retrait des troupes américaines (quelque 2 000 soldats) déployées en Syrie. Depuis le 19 décembre et le coup d’éclat inattendu du président Donald Trump, les déclarations contradictoires se sont certes multipliées, émanant pour la plupart de membres clés de son administration et tendant à atténuer l’idée d’un départ rapide des Etats-Unis.

L’optique d’une présence américaine réduite exerce cependant une influence directe sur les calculs des différents protagonistes du conflit dont, au premier plan, ceux du régime syrien. A ce titre, les récentes manœuvres américaines ne modifient en rien la stratégie de Damas, la même depuis 2011 – une reconquête globale du pays –, mais elles soulèvent certaines questions essentielles quant à l’issue plausible de la guerre.…  Seguir leyendo »

Revendiquées par l’organisation Etat islamique (EI), les attaques terroristes qui se sont récemment succédé de l’Espagne à la Russie rappellent la sombre réalité d’un phénomène djihadiste à son plus fort degré de létalité. L’horizon d’une corrélation positive entre la déroute militaire de l’organisation djihadiste dans ses fiefs moyen-orientaux et la décrue des actions armées frappant l’Europe depuis de longs mois semble à ce titre avoir cédé le pas à la reconnaissance, certes difficile mais nécessaire, d’une menace inscrite dans la longue durée et confirmant les scénarios les plus pessimistes.

Dans un climat mêlant consternation et colère, ces événements ont surtout de nouveau souligné l’enjeu vital d’une réflexion prolongée sur la nature et les ressorts du djihadisme.…  Seguir leyendo »

Visiblement ébranlée par les attaques survenues au cœur de Londres, moins d’un mois après l’attentat ayant ensanglanté la ville de Manchester, la première ministre, Theresa May a manifesté, dimanche depuis le 10 Downing Street, sa résolution à combattre la vague terroriste à laquelle la Grande-Bretagne se voit actuellement confrontée.

De manière symptomatique, alors que beaucoup de dirigeants peinent à saisir cette dimension clé de la lutte, la première ministre britannique reconnaissait l’existence d’une idéologie constituant le fil conducteur de tous les actes ayant frappé son pays au cours des derniers mois, de même que son caractère profondément dévoyé, ancré dans une lecture déformée du réel.…  Seguir leyendo »

Le 9 avril, via son «agence de presse» Aamaq, le groupe Etat islamique (EI) revendiquait les attentats meurtriers perpétrés contre deux églises coptes égyptiennes. Ce n’est pas la première fois que cette minorité déjà vulnérable est prise pour cible par les terroristes, et les attaques ont symboliquement été conduites un dimanche des Rameaux, soit celui qui précède Pâques dans le calendrier liturgique chrétien. L’Egypte n’est pas non plus le seul pays à se trouver ensanglanté par des actions particulièrement délétères : depuis le début de l’année et l’attentat survenu dans une boîte de nuit à Istanbul, les attaques coordonnées ou inspirées par l’EI se multiplient partout à travers le monde.…  Seguir leyendo »

Depuis quelques mois, le groupe Etat islamique cède ostensiblement du terrain dans tous ses fiefs – notamment en Irak, en Syrie ou encore en Libye – et répond à ces revers militaires par de violentes contre-offensives et une démultiplication des attentats, non seulement au Moyen-Orient (contre une église copte du Caire pour le plus récent), mais aussi à travers le monde (sur un campus universitaire américain dans l’Ohio). Début décembre, Abou Hassan al-Mouhajir, intronisé nouveau porte-parole du groupe et successeur du charismatique Abou Mohammed al-Adnani (tué dans une frappe aérienne au mois d’août), enjoignait ses partisans de perpétrer des attaques-suicides partout et de ne surtout pas déserter le champ de bataille.…  Seguir leyendo »

Ce fut l’affaire de quelques semaines pour que le régime de Bachar Al-Assad et ses ­alliés reprennent la quasi-totalité de la vieille ville d’Alep-Est aux rebelles. L’opposition syrienne est sur le point de perdre l’un de ses grands bastions, au terme d’une offensive terrestre fulgurante et sur fond de bombardements incessants. D’ores et déjà, d’aucuns anticipent que la fin de ce long siège dévastateur signe plus largement la déroute de la révolte armée, tout en modifiant en profondeur les dynamiques du conflit.

S’il est difficile de prédire en l’état quels seront les effets de cette défaite sur la reconfiguration des équilibres au sol à long terme, une chose reste néanmoins certaine : la reconquête d’Alep ne signifie en aucun cas la fin de la violence qui ravage le pays depuis plus de cinq ans, loin de là.…  Seguir leyendo »

Depuis sa parution en avril 2015 et le relatif fracas médiatique provoqué dans son sillage, l’article du journaliste allemand Christoph Reuter «The Terror Strategist : Secret Files Reveal the Structure of Islamic State» a fait couler beaucoup d’encre quant au rôle endossé par les anciens du régime de Saddam Hussein dans les rangs de l’Etat islamique.

On peut regretter le caractère très inégal des contributions suscitées par ce débat au cours des derniers mois, souvent réductrices dans leur propos et parfois déconcertantes de par leur schématisation des dynamiques sociopolitiques irakiennes, leur peu de profondeur historique et plus encore l’absence d’apport manifeste à une discussion en réalité vieille d’une décennie.…  Seguir leyendo »

Un vent d’optimisme semble souffler sur le monde depuis l’adoption à l’unanimité par le conseil de sécurité de l’ONU, vendredi 18 décembre, d’une résolution soutenant un plan de paix en Syrie. Ce plan prévoit des pourparlers entre le gouvernement de Damas et les représentants de l’opposition syrienne dès janvier 2016 ainsi qu’un cessez-le-feu. Pour le moins distant, l’objectif énoncé consisterait en « un processus de transition politique », « ouvert, conduit par les Syriens » et « répondant aux aspirations légitimes du peuple ».

Certes, et le secrétaire d’État américain John Kerry l’a rappelé, il s’agit là d’un message fort adressé aux différentes parties du conflit et d’une avancée réelle sur le plan de la diplomatie, conférant rétroactivement le plus haut degré de reconnaissance internationale et de crédibilité juridique au processus de Vienne lancé en octobre dernier avec la constitution du Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG).…  Seguir leyendo »

Rien ne semble pouvoir mettre fin à l’agonie dans laquelle la Syrie, depuis plus de quatre ans, se voit plongée. De toute évidence, l’offensive diplomatique menée par la Russie au cours des derniers mois et son intervention militaire musclée des dernières semaines approfondissent, autant qu’elles aggravent, la complexité d’une situation géopolitique déjà inextricable, tout en contraignant les Etats-Unis et leurs alliés à repenser en profondeur leur stratégie. A cet égard, nombreux sont ceux qui considèrent à présent la nécessité d’une coopération ouverte avec le Kremlin pour trouver une issue à cette conflagration meurtrière, dont les effets ne cessent de se répandre au double niveau régional et mondial.…  Seguir leyendo »

On ne tiendra guère rigueur à ceux qui, nombreux et impuissants face à l’ampleur du maelström, ont le plus grand mal à faire sens des conflits qui parcourent et déchirent le Moyen-Orient. Ce n’est, en effet, pas une guerre unique, structurée et donc lisible, qui prend place sous nos yeux dans cette région cruciale du monde, mais un éventail toujours plus dense de conflagrations, aussi complexes que dévastatrices. De la contre-offensive alliée contre l’organisation jihadiste de l’Etat islamique (EI) depuis 2014 à la réponse militaire de l’Arabie Saoudite et de ses partenaires contre l’avancée fulgurante de la milice houthie au Yémen, sans oublier les trois implosions irakienne, syrienne et libyenne, de même que l’impasse au Proche-Orient, le monde musulman s’engouffre dans les affres d’un chaos devenu son maître mot.…  Seguir leyendo »

Plus que jamais, les sunnites occupent le devant de la scène de la lutte livrée, depuis l’été 2014, contre l’Etat islamique (EI). Les succès militaires récents remportés par la coalition formée par les Etats-Unis face aux jihadistes, par l’intercession de ses relais (spécifiquement kurdes), tendent à corroborer la thèse selon laquelle la guerre doit, de prime abord, être celle d’acteurs de terrain, là où les pouvoirs politiques n’ont su se saisir à temps du problème, voire l’ont tout simplement alimenté.

Aujourd’hui volontiers présenté comme stabilisateur au Moyen-Orient, l’Iran continue de faire le jeu de l’Etat islamique en poursuivant non seulement sa quête d’hégémonie régionale, mais aussi en s’abstenant de commenter les exactions antisunnites des milices qu’il finance, arme et entraîne depuis 2003.…  Seguir leyendo »

Alors que le président américain, Barack Obama, vient d’esquisser les lignes de son plan antijihadiste, et que la mobilisation contre l’Etat islamique ne faiblit pas sur le terrain, une évolution significative, et sans doute encore sous-estimée, se déploie depuis quelques semaines dans le Grand Ouest irakien. Les sunnites qui, sur fond de frustration et de ressentiment profonds contre le gouvernement chiite de Bagdad, avaient laissé la voie libre aux combattants au début de l’été – lorsqu’ils ne se sont pas tout simplement associés à eux – pourraient être sur le point d’opérer un revirement de taille. Plusieurs tribus, dont les membres n’ont pas été épargnés par les foudres et exactions d’Abou Bakr al-Baghdadi et consorts, commencent à organiser les rangs d’une contre-offensive dans leurs localités.…  Seguir leyendo »

Alors que la plus grande ville chrétienne d’Irak, Karakoch, est tombée aux mains de l’Etat islamique (EI), la France se dit prête à apporter son soutien aux forces qui combattent la poussée djihadiste dans ce pays, notamment aux Kurdes qui, ces derniers jours, ont essuyé d’importants revers militaires dans les régions sous leur contrôle. En plus de son appui traditionnel aux chrétiens d’Orient, Paris s’est dit prêt à venir en aide aux civils déplacés et autres minorités religieuses ciblées, yézidi et chabak en particulier. On se souviendra pourtant que la France s’était abstenue d’une action militaire en Irak aux côtés des Etats-Unis en 2003, et que sa volonté d’intervenir en Syrie, une décennie plus tard, a échoué.…  Seguir leyendo »

Assiste-t-on, avec l’offensive de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL ou Da‘ech en arabe), à la fin des frontières du Moyen-Orient secrètement dessinées il y a près de cent ans au cours de la Grande Guerre ? La déchirure irakienne viendrait-elle marquer la fin d’un système étatique hérité du démembrement de l’Empire ottoman par les puissances coloniales européennes de l’époque ? A en croire la propagande du groupe jihadiste lui-même, il s’agirait d’un de ses objectifs premiers, effacer la géographie artificielle née du projet colonial et des accords passés, en 1916, par les deux diplomates, britannique et français, Mark Sykes et François Georges-Picot.…  Seguir leyendo »

Dans la nuit du 6 juin, des centaines de combattants armés prenaient d’assaut la ville de Mossoul dans la province irakienne de Ninive, dans le nord-est du pays, parvenant à s’emparer de ses principaux points névralgiques. Une offensive concomitante se déroulait à Ramadi, dans la province centrale d’Al-Anbar, avec l’attaque sur l’université locale et la prise de plusieurs otages.

Depuis, les événements se sont bousculés en créant l’effroi général : après la ville de Mossoul, c’était au tour de pans entiers des trois provinces de Ninive, Kirkouk et Salaheddine de tomber entre les mains des assaillants, qui se trouvent à présent aux portes de Bagdad après avoir pris Tikrit, le fief de l’ancien dictateur au pouvoir Saddam Hussein.…  Seguir leyendo »

La violence des événements qui touchent l’Irak depuis plusieurs mois – du démantèlement d’un camp de manifestants sunnites à Ramadi fin 2013 à l’envoi de l’armée et des forces de sécurité par le premier ministre chiite Nouri Al-Maliki pour réprimer la contestation – pose non seulement la question du futur de la transition irakienne à l’approche des élections législatives maintenues au 30 avril 2014, mais aussi celle de l’emprise de la mouvance salafiste-djihadiste sur le pays. Depuis que la ville de Fallouja, ancien fief de la résistance à l’occupation, est tombée aux mains de l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) en janvier 2014, les attentats se sont multipliés à travers tout le pays, causant la mort de plusieurs centaines de civils et repoussant toujours plus l’horizon de la paix et de la stabilité.…  Seguir leyendo »