Olivier Meuwly

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Un nouveau Kulturkampf menace la Suisse. Il y a un siècle et demi, les protestants et une partie des catholiques suisses, issus des cantons mixtes d’Argovie et de Soleure, s’étaient insurgés, avec les Allemands, contre le décret du concile du Vatican, qui avait prononcé en 1870 l’infaillibilité papale. Cette querelle cruciale du second XIXe siècle fut appelée Kulturkampf. Le souverain pontife avait trouvé ses plus fervents appuis dans les cantons catholiques et conservateurs.

Autres temps, autres mœurs: la démocratie directe a largement contribué à réconcilier les divers camps politiques suisses, mais la voici au cœur d’une nouvelle «guerre des cultures». A ceux qui plaident pour son ajustement rapide aux règles inédites posées par la numérisation de la société s’opposent ceux qui débusquent dans l’ère digitale autant de pièges pour l’acte démocratique.…  Seguir leyendo »

Célébration du dixième anniversaire de l'indépendance du Kosovo. Pristina, 17 février 2018. © Visar Kryeziu/AP Photo

2008-2018: il a beaucoup été question ces derniers temps du dixième anniversaire de la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo, le 17 février 2008. L’Europe d’alors, à peine remise de l’effondrement du mur de Berlin en 1989, croyait les frontières nationales enfin stabilisées. Que nenni!

La dernière des guerres balkaniques avait consacré le divorce entre le Kosovo et la Serbie. Désormais placé sous le protectorat de la communauté internationale (Union européenne et ONU), le Kosovo se soustrait à cette ambivalente tutelle et se dote d’une Constitution. L’Europe doit compter avec un nouvel Etat. Mais, au-delà du cas kosovar, que nous disent les turbulences qui ont frappé l’ex-Europe de l’Est et qui défraient la chronique aujourd’hui encore?…  Seguir leyendo »

A la fin du mois d’août dernier, sous la plume de deux professeurs américains, le New York Times s’est ainsi demandé si le déclin de l’enseignement de l’histoire politique au niveau universitaire n’avait pas contribué à nourrir l’ignorance dont bénéficient aujourd’hui les tribuns de tout poil, prompts à asséner leurs «vérités» face à un public qui ne possède plus les armes pour comprendre les enjeux du débat.

L’histoire politique accablée par la défaveur

Dans leur article intitulé «Why Did We Stop Teaching Political History?», les deux auteurs constatent que la défaveur qui a accablé l’histoire politique a débouché sur un vide intellectuel dans lequel macèrent les discours les plus controuvés.…  Seguir leyendo »

Il est souvent d’usage d’attribuer l’essor des mouvements qualifiés de populistes et situés sur le flanc droit de l’échiquier politique au soutien que leur apporteraient ceux que l’on nomme les «perdants de la mondialisation». Mais que signifie ce concept?

Dans cette catégorie s’inséreraient, principalement, les hommes blancs travaillant en usine et qui seraient victimes des délocalisations d’entreprises à l’affût des salaires modestes versés aux ouvriers qui s’entassent dans des centres de production lointains. L’ouverture des marchés sanctionnerait en quelque sorte leur sortie de notre «modernité».

Ne pas sous-estimer l’idéologie

A leurs côtés s’agrégeraient des citoyennes et citoyens frustrés dans leurs antiques certitudes, incapables de s’adapter aux temps nouveaux.…  Seguir leyendo »

Tricentenaire oblige, le citoyen de Genève s’est propulsé au firmament des médias et des discours officiels, en général pour ne récolter qu’éloges et dithyrambes. Il est vrai que la pensée de Rousseau a irrigué de façon décisive les réflexions sur la démocratie alors en devenir et son influence sur la vie intellectuelle genevoise du XIXe siècle, surtout à travers L’Emile, n’est plus à démontrer: même la jeune génération libérale, des Sismondi, Rossi ou Dumont, qui pointe à l’horizon de la Restauration, ne reniera jamais sa dette envers Jean-Jacques.

Mais cette place de choix, le citoyen de Genève l’a-t-il jamais perdue? A intervalles réguliers les mânes de son Contrat social sont ressuscités pour dénoncer les dysfonctionnements de la société moderne, pour condamner l’individualisme contemporain, en général associé sans autre forme de procès au libéralisme.…  Seguir leyendo »

Depuis quelques mois, le mouvement du Tea Party, né aux Etats-Unis, défraie la chronique. Les élections législatives imminentes ont mis en vedette ce rassemblement s’affichant comme le dernier représentant d’un conservatisme authentique: va-t-il troubler le traditionnel conflit entre démocrates et républicains? Va-t-il insuffler aux seconds nommés un nouvel élan idéologique? Ou au contraire risque-t-il, paradoxalement, de sauver la majorité démocrate en accentuant les divisions du parti qui lui est malgré tout le plus proche?

Ces questions sont sans doute décisives pour l’avenir de la présidence Obama mais, après tout, les Etats-Unis sont coutumiers des mouvements hostiles au gouvernement central, réfractaires à l’impôt et adeptes d’une liberté individuelle intégrale.…  Seguir leyendo »

Les réseaux sont à la mode: pour se connecter électroniquement au monde entier, pour se faire des amis, pour trouver un job, pour vendre des bébés chiens… Et il est vrai que leur développement est fascinant, même s’ils n’ont pas attendu Facebook et l’e-mail pour devenir un objet d’interrogation. Mais il est tout aussi vrai que la révolution technologique de l’Internet a donné un sens inédit au réseau et à la pratique sociale qu’il a induite: le réseautage!

Le bouleversement est d’ailleurs tel que le réseau humain, appuyé par de merveilleuses trouvailles techniques, a inspiré de nouveaux usages politiques, fondés sur la discussion et en rupture avec les attitudes axées sur la force, comme le «soft power», théorisé par l’Américain Joseph Nye.…  Seguir leyendo »