Raphael Glucksmann

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«Quand vous commencez à abandonner votre propre vocabulaire pour celui des autres, vous dites adieu à un réel débat sur les valeurs fondamentales de la République.» Ces mots sont de László Rajk, un homme libre dans un pays qui l’est de moins en moins. Un infatigable combattant de la liberté qui s’est éteint, la semaine dernière. Ses paroles, comme les textes de Václav Havel ou du philosophe Patocka et de nombreux dissidents, sont des miracles de réflexion sur la politique et le langage, des trésors pour époques sombres, lorsque les libertés se rétrécissent et les combats culturels semblent perdus.…  Seguir leyendo »

Tels des lapins pris les yeux dans les phares, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne sont tétanisés face à la montée d’un discours antimigrants qui mêle vieux tropes racistes, stratagèmes populistes et crainte diffuse du « grand remplacement ». Or, les marins le savent bien, les lapins portent malheur sur un bateau.

Depuis l’été 2015, les membres du Conseil européen ont progressivement conduit la politique migratoire de l’UE au naufrage. Emportés par la surenchère de gouvernements hostiles à l’immigration, ils ont réduit la question migratoire à sa simple expression sécuritaire, faisant de la réaffirmation de la frontière et du refoulement des « indésirables » la clé de la réponse européenne aux grandes secousses du monde.…  Seguir leyendo »

L’Ode à la joie, qui accompagna le 7 mai au soir les premiers pas du président Emmanuel Macron, ne retentit pas seulement dans la cour du Louvre. Il résonna bien au-delà de nos frontières. La 9e Symphonie de Beethoven envoya au monde un message fort : oui, le tsunami nationaliste qui balaie notre continent depuis des années peut être vaincu.

Aussi pouvons-nous être fiers ce matin. Fiers de ne pas avoir suivi les exemples américain et britannique, polonais ou hongrois, fiers d’avoir défié l’ingérence de Vladimir Poutine, parrain d’une internationale d’extrême droite qui volait jusqu’ici de succès en succès, fiers de ne pas être tombés dans le piège de Daech et de ne pas avoir laissé nos peurs, ô combien légitimes, ébranler nos convictions démocratiques.…  Seguir leyendo »

Alep crève sous nos yeux. Nous assistons en direct à l’éradication d’une population.
Alep crève et emporte dans ses ruines, avec les milliers d’enfants, de femmes et d’hommes que nous laissons mourir, l’idée même de droit international.

Après les bombardements massifs et indiscriminés de l’aviation de Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad, les milices du régime finissent le « travail » à l’arme blanche, rue par rue, maison par maison. Et la communauté internationale regarde, hébétée, inutile, incapable d’imposer un cessez-le-feu ou d’organiser l’évacuation des civils pris au piège.

Alep crève. Comme Srebrenica et Grozny ont crevé avant elle. De la même manière, selon la méthode dite « tchétchène » que le maître du Kremlin assume, revendique et impose.…  Seguir leyendo »

Le monde rend hommage au million de Tutsis exterminés entre avril et juillet 1994 et partage la honte de n’avoir rien fait pour les sauver d’une mort certaine, diffusée en direct sur CNN. La France ne participe finalement pas aux cérémonies. Pourquoi ? Pour une phrase vindicative de Paul Kagamé dans Jeune Afrique ?

Evidemment l’attaque du président rwandais relève d’un calcul politicien. Evidemment, les auteurs et les acteurs principaux du génocide de 1994 ne sont pas français. Mais s’il est un pays qui devrait passer outre les critiques de Kigali et placer l’hommage aux victimes au-dessus de tout, c’est bien le nôtre.…  Seguir leyendo »