Smaïn Laacher

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Manifestation, le 2 octobre à Rabat, pour la libération de Hajar Raissouni, journaliste condamnée à un an de prison pour «avortement illégal». Photo Stringer. AFP

Il est des gestes qui paraissent anodins dans nos pays démocratiques. Par exemple signer une pétition ; protester contre des lois jugées injustes ou oppressives ; interpeller publiquement et collectivement les autorités pour leur demander qu’elles usent de leur force et de leur légitimité afin de changer la loi qui interdit de s’aimer ou de vivre ensemble (mariage homosexuel, etc.). Ce refus de l’intolérable sans risquer la mort ou l’emprisonnement est très inégalement distribué selon les pays et les espaces géopolitiques. Prenons le monde arabo-musulman par exemple. Déjà, en 2006, le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) établi par des experts arabes constatait «le retard de plus en plus criant que cette région du monde accumulait par rapport à l’Asie ou à l’Amérique latine».…  Seguir leyendo »

Ce qui se passe depuis quelques jours en Algérie est inédit. Tout d’abord du point de vue du sentiment subjectif des manifestants. A propos de la «peur». On ne cesse de dire que celle-ci a été vaincue, et que les Algériens seraient passés, quasiment du jour au lendemain, d’un sentiment d’angoisse à un courage héroïque. Rapporté aux mouvements collectifs qui ont lieu aujourd’hui en Algérie, le mot «peur» ne me semble pas approprié. Passons sur le fait que c’est un mot du pouvoir pour faire peur («l’Algérie peut devenir la Syrie», etc.). Il biologise et singularise à l’excès. Ce faisant, il dépolitise, non pas les manifestations et les revendications, mais les conditions de possibilité de l’irruption d’une multitude de souffrances privées, portées dans un espace public qui s’est trouvé défini et approprié comme tel précisément grâce à cette irruption collective des masses.…  Seguir leyendo »

Il y a un an, une parole d’Etat, celle du président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, proposait de modifier deux dispositions très sensibles, explicitement codifiées en défaveur des femmes : celle de l’héritage et celle du mariage avec un non-musulman. Rappelons pour mémoire qu’en Tunisie, conformément à la loi coranique, une femme n’hérite que de la moitié de ce qui revient à son frère (verset 11 de la Sourate des femmes : « Dieu vous recommande, en ce qui concerne vos enfants : aux mâles l’équivalent de la part de deux femmes… »). De plus, en aucun cas elle ne peut prendre cette décision jugée hérétique d’épouser un non-musulman, et ce conformément à une circulaire de 1973 que le président Essebsi a promis d’effacer du paysage juridique.…  Seguir leyendo »

Jamais, depuis le début de cette année, il n’y a eu autant d’images, de commentaires et d’analyses sur le malheur et les drames de ces dizaines de milliers de pauvres gens partant aussi loin que possible de la mort, de la destruction et de la dépossession. Pas pour l’eldorado. Sûrement pas. Seulement pour réapprendre à vivre sans le bruit des bombes ni l’injustice impunie. Ne plus vivre sans perspective existentielle pour soi et les siens.

Alors, devant ce spectacle inédit de colonnes de « réfugiés », les mêmes interrogations et les indignations passent en boucle : l’« Europe » n’est pas assez généreuse, les égoïsmes nationaux sont plus forts que tout, les passeurs sont des criminels, le fardeau et les quotas doivent être partagés, il est nécessaire de faire le tri entre les uns (migrants économiques) et les autres (les réfugiés au sens de la convention de Genève de 1951).…  Seguir leyendo »

La Tunisie vient d’élire, pour la première fois de son histoire, un président de la République dans des conditions uniques dans le monde arabe : liberté de parole, débats contradictoires et reconnaissance des vainqueurs de la part des vaincus. A la frontière de la Tunisie se trouve l’Algérie, une puissance régionale qui est à des années-lumière de la configuration tunisienne. Ce qui s’y déroule en matière d’imposition de normes religieuses, de répression politique, de misère sociale, de nationalisme pathologique et de haine de la pensée peut se lire comme une loupe grossissante des épreuves mortifères que traversent d’autres peuples arabes en cette période de forte réaction.…  Seguir leyendo »

Lorsque les mouvements sociaux de ces deux dernières années dans le monde arabe ont trouvé dans certains pays une conclusion électorale en faveur de l’islam conservateur et (très) autoritaire, en particulier en Tunisie et en Egypte, on a vu fleurir aussitôt quelques théories à petite portée sur l’entrée de l’espace arabo-musulman dans une ère de «glaciation islamique». Le «printemps arabe» avait fait place à l’«hiver islamiste».

Litanie ennuyeuse comme toute litanie mais devenue sans conteste l’idéologie dominante. Décidément, rien ne réussissait aux «Arabes». A force de s’illusionner sur leur condition de théoricien, un grand nombre d’observateurs (intellectuels, journalistes, hommes politiques, experts, etc.)…  Seguir leyendo »