Sylvie Laurent

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Un manifestantes con máscara de Trump.Rebecca Blackwell / AP

El pasmo que se ha adueñado de nuestros ánimos desde el miércoles es quizá incluso mayor que el que produjeron las elecciones de 2016. Bajo el cuestionamiento de los sondeos, que deberían habernos avisado, habernos preparado para lo impensable, habernos ofrecido un aperitivo que hubiera restado brutalidad a la noticia, se oculta nuestra incapacidad de responder a esta pregunta: ¿Cómo se puede seguir apoyando al presidente saliente, envuelto en un aura de oprobio y lastrado por un país al borde de la agonía? ¿Qué virus letal puede haber contagiado a casi uno de cada dos electores estadounidenses para que hayan dado su voto a este presidente, cuyas ofensas contra el decoro, la ley, la decencia, la ética y el civismo son incontables?…  Seguir leyendo »

Donald Trump en meeting à Omaha, dans le Nebraska, mardi. Photo Jonathan Ernst. Reuters

La chose est entendue et répétée ad nauseam, c’est le prolétaire blanc déclassé, bière dans une main et drapeau américain dans l’autre, qui, devant les cendres d’un site industriel où prospéra jadis, élut Trump en 2016. Au bord de la «mort par désespoir», ce pauvre Blanc sans grade avait vu les Mexicains lui prendre son pays et les Chinois son emploi. Bien sûr, ce pauvre-là voulait un mur et un démagogue. Entre mansuétude et mépris, on l’érigea en archétype du trumpenproletariat et l’on se crut quitte d’une réflexion plus complexe, cherchant dans le temps long ce qui mena la démocratie américaine à se choisir ce président-là et à le laisser mener finalement sans coup férir une politique inégalitaire, xénophobe, destructrice de la santé et de l’environnement des Américains.…  Seguir leyendo »

A gauche, l’activiste abolitionniste Harriet Tubman vers 1880 et son mari. Elle a contribué à la libération de centaines d’esclaves. Photo William Cheney. Photo12/Alamy

Au Panthéon des figures de la culture populaire américaine, l’évadé figure en bonne place. De Bonnie and Clyde au Fugitif campé par Harrison Ford, il est une déclinaison glorieuse du hors-la-loi solitaire qui se soustrait à l’arbitraire des hommes et à leurs Alcatraz. Par l’évasion, il arrache une liberté de contrebande, rétive à l’autorité, et devient américain. Tout cela relève bien sûr de la fable patriote. Or, il existe bien un type de fugitif sans lequel la nation américaine n’existerait pas, un évadé à la peau sombre dont l’échappée et l’exil provoquèrent la plus grande guerre américaine et la naissance de la République américaine moderne.…  Seguir leyendo »

Cest jours-ci aux Etats-Unis, dans une unanimité de rigueur, on célèbre le cinquantenaire de la mort de Martin Luther King. L’hommage national est l’occasion d’un exercice patriotique dont se délectent le Président et ceux qui, comme ce dernier, défendent pourtant tout ce que King condamnait, honnissent tout ce qu’il incarnait. Dans le catéchisme du jour, King est rêvé «postracial». Mais l’histoire se joue du mythe : il y a quelques jours à peine, les policiers, qui avaient tué Alton Sterling, en 2016, père de famille noir de Bâton-Rouge (Louisiane), ont été acquittés. Pour ajouter l’insulte à la blessure, le procureur évoque un «usage raisonné et légitime de la force».…  Seguir leyendo »

Aujourd’hui aux Etats-Unis, dans une unanimité de rigueur, on célèbre le cinquantenaire de la mort de Martin Luther King. L’hommage national est l’occasion d’un exercice patriotique dont se délectent le Présidentprésident actuel et ceux qui, comme ce dernier, défendent pourtant tout ce que King condamnait, honnissent tout ce qu’il incarnait. Dans le catéchisme du jour, King est rêvé «postracial». Mais l’histoire se joue du mythe : il y a quelques jours à peine, les policiers, qui avaient tué Alton Sterling, en 2016, père de famille noire de Bâton-Rouge (Louisiane), ont été acquittés. Pour ajouter l’insulte à la blessure, le procureur évoque un «usage raisonné et légitime de la force».…  Seguir leyendo »

C’est lorsqu’il s’installa à Chicago, en 1966, pour y dénoncer le racisme systémique que l’étoile de Martin Luther King commença à pâlir dans l’opinion publique. Tant qu’il s’évertua à combattre les pratiques féodales d’un vieux Sud malade, il fut un héros. Mais qu’il s’installa dans un ghetto de Chicago pour y dénoncer l’exploitation économique, culturelle et sociale systématique des Noirs des taudis urbains, et qu’il osa défiler dans les banlieues blanches pour dénoncer la logique d’apartheid sonna le glas de sa popularité. Lorsqu’il parla, après Malcolm X, du «colonialisme interne» pratiqué par les Etats-Unis à l’endroit de leurs Noirs, indigènes humiliés et aliénés, maintenus sous le joug tels les Algériens ou les Vietnamiens, ce fut la vérité de trop.…  Seguir leyendo »