Face à l’Etat du monde et de ses tensions, cessons d’être naïfs!

Gendarmes turcs transportant les corps de migrants noyés en mer, ce 30 janvier 2016. © OZAN KOSE
Gendarmes turcs transportant les corps de migrants noyés en mer, ce 30 janvier 2016. © OZAN KOSE

Ne manquez pas «The big short» d’Adam Mc Kay, qualifié par Le Temps de «Film de salubrité publique». A la manière de Michael Moore, il vous donnera un avant-goût de ce qui peut probablement advenir à nouveau, après le krash de 2008. Peut-être un avant-goût d’un certain futur…

La religion hindouiste était reconnue comme une confession de paix. Il n’en est rien du tout. En Inde, la situation oscille entre tendue et dramatique pour les plus de 25 millions de chrétiens. Des dizaines d’églises, d’habitations et de boutiques ont été incendiées. Les conversions sont interdites. La situation des fidèles est plus que précaire. Bien plus encore que celle des musulmans, parce qu’ils sont beaucoup plus nombreux que les chrétiens, dans cet immense pays. John Dayal, représentant les catholiques indiens rappelait, il y a quelques jours, les exactions subies.

J’écrivais, au tout début du prétendu printemps arabe, un papier titré «Voulez-vous la fin du film?» C’était en février 2011! On m’a traité de prophète de malheur. Cela faisait tellement plaisir de voir tomber les despotes Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, après Saddam Hussein, en attendant Bachar el-Assad, qui se fait un peu prier. Il s’est passé exactement ce que je disais, une régression islamiste ou militaire, plus dure qu’auparavant, accompagnée d’un cataclysme économique, d’une chute des investissements, du tourisme effondré par les attentats, etc.

On croyait en 1992 à la fameuse fin de l’histoire que promettait Francis Fukuyama! A la grande réconciliation. La disparition des ennemis! Il n’en est rien. Pour le moins, la tension est vive, en ne prenant que quelques régions. En Afghanistan, en Ukraine, au Sahel, au Nigeria, en Turquie, au Yémen, au Soudan, à Taiwan. Et c’est évidemment loin de se calmer.

Le prix du pétrole, denrée épuisable, ne devait plus jamais baisser. Son cours a été divisé par quatre. Il ébranle gravement, en quelques mois, entre autres la Russie, le Venezuela, l’Algérie, voire même l’Arabie saoudite, qui en vient à emprunter!

Le Brésil devait enfin devenir durablement prospère. Il est malheureusement en difficultés.

Le moteur du monde, la Chine, est maintenant grippé et péjore le commerce mondial, y compris pour nos horlogers.

Le tourisme, par exemple français, est fortement touché par les attentats islamistes. Les hôtels et les commerces souffrent.

Les folles dettes étatiques sont encore en progression. Le fameux «printing» sans limite aboutira à des situations sans issue. Lorsque Mario Draghi aura tiré ses dernières cartouches, on arrivera à la spoliation des avoirs, des retraites et/ou à une hyper inflation, même si on n’en voit pas encore le début.

Madame Merkel a fait un rêve, qui se transforme en cauchemar! Pallier la faible natalité allemande en appelant les malheureux à rejoindre l’Allemagne en masse, de la part d’une personnalité de cette envergure, représente une naïveté inexplicable.

Les changements profonds apportés par la nouvelle économie basée sur Internet feront fermer des boutiques, couler des hôtels, disparaître certains métiers, bouleverseront la presse, etc. Certains croient à un mauvais passage, alors que ce sera durable.

On nous dit que l’Afrique est enfin sur le chemin du décollage. Pour quelques élites, c’est bien entendu vrai. Mais en une génération, elle va passer d’un à deux milliards d’habitants. Sans grand développement industriel. Avec une main-d’œuvre dont le coût est supérieur à celui des Chinois. Avec des matières premières comme le pétrole, dont les prix stagnent en général. D’où viendra le miracle?

La Grèce fait toujours l’actualité. Mais de part sa position d’avant-poste, accueillant les malheureux moyen-occidentaux. Or, la situation économique du pays n’est absolument pas réglée.

Et je m’abstiens d’évoquer les enjeux de la pollution, du réchauffement, et pire encore, du piège islamiste, etc.

Mon exposé est-il sombre? Suis-je pessimiste en général? Pas du tout. Bien au contraire, positif et entrepreneur. La vérité, c’est comme la poésie, la plupart des gens n’aiment pas la poésie. Je pense être, tout au plus, réaliste. Il nous faut rester en alerte. Si on veut être moins atteints que les autres, à titre collectif et individuel, il convient tout simplement de ne plus croire au Père Noël, aux gentils politiciens, hommes d’affaires, religieux. Il faut prendre les autres pour ce qu’ils sont: nos frères, certainement. Bienveillants, c’est moins sûr!

Mais je plaisantais bien sûr. Tout va pour le mieux, l’avenir est radieux. Tout va très bien, Madame la Marquise!

Pierre-Marcel Favre

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