Homosexualité: l’heure pour les chrétiens d’ouvrir le débat

En tant que simple croyant, il me semble que la mise à l’écart du curé de Bürglen (lire LT des 27-28 février), suite à une bénédiction donnée à un couple de femmes lesbiennes, devrait appeler à un débat serein, sans préjugés ni hypocrisie, sur la vision chrétienne de l’homosexualité.

En effet, si l’essentiel du message évangélique ne peut évidemment pas être remis en discussion, il est important de souligner que la façon de vivre et de signifier la foi dans une société peut et doit évoluer, afin de donner des réponses adaptées aux nouveaux défis de l’histoire.

Seuls l’écoute et le dialogue, l’ouverture d’esprit par rapport aux besoins spirituels émergents, sans rien imposer, donnent la chance de faire germer, dans les cœurs, une étincelle d’éternité.

La tolérance de Jésus

Aujourd’hui, la plupart des études montrent clairement que l’orientation homosexuelle n’est ni un choix conscient, ni la conséquence «d’un quelconque ratage», mais une forme possible de sexualité. Par ailleurs, les avancées en matière de droits de l’homme reconnaissent l’égalité de tous les êtres humains, indépendamment de leur tendance sexuelle.

Selon les Evangiles apparemment, Jésus n’a jamais rien dit sur les relations sexuelles entre gens du même sexe, faisant ainsi preuve de respect et de tolérance. On connaît par ailleurs sa volonté d’accueillir, d’accepter, de réintégrer les diversités. Il combattait toute exclusion communautaire et mettait la loi et les principes au service de l’homme qui désire s’ouvrir au sourire du ciel.

Bénir signifie «dire du bien». C’est prier pour, demander l’accompagnement de Dieu, appeler et manifester la grâce céleste sur des personnes, des êtres vivants, des objets, des relations ou des événements.

L’amour généreux, honnête, libre, respectueux de l’autre et de soi, n’a pas de couleur, de domicile, d’état civil, de religion ou d’orientation sexuelle; il vient d’en-Haut.

Et Dieu regarde toujours avec bonté et confiance toute tentative d’aimer.

L’acte de bénédiction ne peut en aucun cas remettre en question le mariage catholique, qui représente un beau sacrement de l’Eglise, réservé à l’union entre un homme et une femme.

Les prétendus risques de confusion pourraient devenir prétexte d’immobilisme, laissant sur le carreau des lumineux élans de vie intérieure, qu’il conviendrait de faire grandir, vers «un mieux aimer».

Dans cette optique, le seul critère permettant de discerner l’opportunité d’une bénédiction devrait concerner le désir sincère d’élévation humaine et spirituelle.

Enfin, pour ce qui relève des références bibliques invoquées pour justifier le rejet des personnes homosexuelles, il est clair aujourd’hui, que ces textes ne peuvent pas être pris au pied de la lettre, mais demandent un effort d’interprétation et d’actualisation.

Une approche plus spirituelle et symbolique serait conseillée, afin de libérer le message de contingences historiques, culturelles et sociales, désormais révolues.

Soyons attentifs aux questionnements de notre temps et à la voix de Celui qui accueille, avec bonté, chaque demande ou désir d’absolu, s’inclinant devant toute différence, qui se met fragilement en marche vers le Beau, le Bon et le Vrai.

Emanuele Alfani, théologien.

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