L’Andalousie vire à droite

Constituée de huit provinces, l’Andalousie est la région la plus méridionale et la plus peuplée d’Espagne, avec 8,5 millions d’habitants. La qualité de communauté autonome lui est reconnue depuis 1981 et un nouveau statut d’autonomie a été approuvé en 2007, lui conférant une “réalité nationale”. C’est une région traditionnellement à gauche et la Junte d’Andalousie est dirigée par les socialistes depuis trois décennies.

De nombreux dirigeants socialistes andalous ont joué un rôle de premier plan dans la vie politique nationale : Felipe Gonzalez, qui a présidé le gouvernement espagnol de 1982 à 1996, et Alfonso Guerra, son bras droit et vice-président de 1982 à 1991, sont tous deux Sévillans ; Manuel Chaves, président de la région andalouse de 1990 à 2009, est président du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) depuis 2000 et ministre de la politique territoriale et des administrations, avec rang de vice-président du gouvernement depuis 2009.

Le 22 mai, les Andalous ont été appelés à voter pour les municipales seulement, les élections régionales se déroulant le même jour que les élections législatives nationales. La victoire annoncée du Parti populaire (PP), sous la houlette de son secrétaire général régional Javier Arenas, a été écrasante. Les huit capitales de province seront dirigées par les “populaires”, notamment Séville, où, avec plus de 49 % des suffrages exprimés, le PP devance le PSOE de 20 points en pourcentage, plaçant Juan Ignacio Zoido à la mairie. La ville de Cordoue, la seule capitale de province gagnée par les communistes lors des premières élections municipales du post-franquisme en 1978, par Julio Anguita, surnommé “le Calife”, est également passée à droite. Son maire communiste, Andrés Ocaña (IU), ne récolte que 15 % des voix face à José Antonio Nieto (PP), qui frise presque les 49 %.

Certes, les plus petites villes sont restées entre les mains de la gauche, créant une ligne de fracture entre les zones urbaines, qui sont passées à droite, et la campagne où l’électorat demeure fidèle au PSOE, mais, pour la première fois depuis la restauration de la démocratie, il est question que l’Andalousie soit dirigée par un président “populaire”, si cette tendance se confirme à l’occasion des élections de mars 2012. En Andalousie, frappée par le chômage, secouée par des scandales de corruption touchant la classe politique, la déception s’est exprimée dans les urnes.

Sylvia Desazars de Montgailhard, politologue spécialiste de l’Espagne.

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