L’avenir de Vega : quel marché et quels défis pour le nouveau lanceur européen ?

Le 13 février 2012 le nouveau petit lanceur européen Vega réussissait son vol de qualification, dénommé VV01. Le concept du programme du lanceur européen remonte à la fin des années 1970 quand l’université de Rome et les responsables du projet San Marco proposent de développer une version évoluée du lanceur américain Scout. Les premières études démarrent, mais en 1992 le programme est arrêté et ce n’est qu’au milieu des années 1990 que l’Agence spatiale italienne (ASI) reprend à son compte l’idée d’un lanceur léger qu’elle dénomme Vega pour Vettore Europeo di Generazione Avanzata. En 1998, l’Italie le propose aux pays membres de l’ESA pour un développement en coopération. Adopté par le conseil de l’ESA en juin 1998, c’est en décembre 2000 qu’est approuvé le programme de développement complet du lanceur. L’Italie est le pays contribuant majoritairement à hauteur de 58,4 %, les autres participants sont : la France (25,3 %), la Belgique (6,9 %), l’Espagne (4,6 %), les Pays-Bas (3,2 %), la Suisse (1 %) et la Suède (0,6 %). La France, l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas contribuent aussi au développement du programme du booster P80. En décembre 2000, Avio et ASI s’associent pour créer la jointventure ELV SpA (respectivement 70 %-30 %), choisie par l’ESA pour être le maître d’oeuvre de Vega. En juin 2001, ELV débute les études préliminaires, la configuration retenue est celle d’un lanceur constitué de trois étages à propulsion solide (poudre), surmontés d’un module à propulsion liquide (AVUM).

Vega complète ainsi la famille des lanceurs européens, à côté d’Ariane 5 (lanceur lourd) et Soyouz (lanceur moyen) , et il est lancé, comme les deux autres, depuis le port spatial d’Europe à Kourou, en Guyane française. Après quelques retards, la phase de développement se termine et douze ans plus tard le succès de son vol de qualification couronne les efforts européens : Vega a coûté environ 700 millions d’euros6, auxquels l’ESA ajoute 400 millions d’euros pour le programme Verta7.

Suite aux succès de cette mission, et aux changements intervenus du côté de la demande et de l’offre du marché des petits lanceurs depuis la décision de débuter ce programme, certaines questions se posent sur son avenir : quel marché pour Vega aujourd’hui ? Avec quels lanceurs Vega est-il directement en concurrence ? Quels sont les principaux défis pour Vega sur le court et le long terme ?

LE MARCHÉ DE VEGA : OÙ SE POSITIONNE- T-IL ? QUELS SONT LES MARCHÉS ENVISAGEABLES ?

La mission de référence de Vega correspond au lancement d’un satellite de 1 500 kg placé en orbite polaire à une altitude de 700 km. Plus généralement, la masse des charges utiles peut varier entre 300 kg et 2 500 kg selon l’orbite et l’altitudevisées. L’inclinaison de l’orbite peut varier (orbite polaire, jusqu’à une orbite équatoriale), ainsi que l’altitude, entre 300 et 1 500 km. Vega peut donc répondre à différents types de missions.

Un des objectifs de VERTA (Vega Research and Technology Accompaniment), programme de l’ESA, est justement de démontrer cette flexibilité.

Le programme couvre effectivement les cinq premiers vols, qui lanceront des charges utiles multiples et variées. Vega pourra ainsi démontrer sa capacité à accomplir une large gamme de missions, en embarquant différentes configurations de charges utiles (un satellite ou un satellite avec plusieurs microsatellites). Entre 2013 et 2014, le programme Verta assurera le lancement de 4 missions de l’ESA (Lisa-Pathfinder, ADMAeolus, Proba-V et IXV) dans les domaines de l’observation de la Terre, de la science et de la technologie. Un point d’interrogation demeure sur la cinquième mission de Verta, qui reste à définir. Un satellite du programme GMES de l’Union européenne pourrait être envisagé.

Après avoir démontré sa fiabilité et flexibilité grâce au programme Verta, le lanceur devra intégrer le marché institutionnel et commercial, en visant le marché des satellites légers (< 2 tonnes) et des microsatellites et nano satellites (entre 10 et 500 kg et <10 kg) pour des orbites basses. Différentes missions spatiales, institutionnelles et commerciales, civiles et militaires, constituent ce type de marché.

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Par Lucia Marta, Chargée de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique

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