L’écologisme devient-il intégriste?

La protection des ressources naturelles est une réponse à la collision entre les intérêts (aussi économiques, mais pas seulement) à court et à long terme et, parfois, entre les intérêts publics et privés. Pourtant, l’écologisme c’est une idéologie, qui défend l’intervention de l’Etat dans l’économie soi-disant en protégeant la nature. Même s’il y a de temps en temps des raisons scientifiques pour le discours écologiste, l’un est indépendant de l’autre. Cela explique que souvent les scientifiques ont corrigé les écolos et que ceux-ci ont fait des propositions politiques pas toujours basées sur des données scientifiquement constatées.

Plus l’écologisme se sépare de la science et devient une idéologie indépendante, plus le risque d’avoir un écologisme fondamentaliste est extrême. Voyons comme exemple un récent enjeu de l’actualité. Il y a quelques jours, le New York Times, le Washington Post et Die Welt ont publié qu’un pirate informatique a révélé des courriels personnels entre les responsables du centre de recherche sur le climat (CRU) de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni), un des plus connus «think-tank» sur le réchauffement de la planète et dont des études étaient la base des travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Dans un de ces courriels-là, un scientifique de l’Unité communique son intention de baisser de 0,15 degrés les températures enregistrées de l’océan pour qu’elles s’ajustent mieux à ses «modèles climatiques».

Un autre scientifique, David Parker, discute avec un collègue sur la possibilité de changer la période de référence d’une étude sur la température de la planète, en considérant que cela démontrerait que la période actuelle est moins chaude que ce qu’ils avaient prévu. Tom Wigley, un scientifique du centre de recherche, disait dans un courriel qu’il faudrait ne pas montrer que le réchauffement de la surface de la planète a été deux fois plus élevé que celui de l’océan, parce que cela pourrait remettre en cause leurs thèses. Un autre collègue a reconnu avoir supprimé certaines données enregistrées depuis 1960 pour que le réchauffement semble plus élevé que ce qu’il est. Pourtant, la révélation la plus grave est que plusieurs scientifiques du CRU ont avoué dans leurs courriels avoir influencé quelques magazines scientifiques («peer reviews») pour éviter la publication d’articles questionnant l’origine humaine du réchauffement. Quelques jours après, nous avons appris la démission du président du CRU, Phil Jones.

Néanmoins, ceci n’est pas le seul exemple de manipulation. D’ailleurs, au Royaume-Uni, un juge a interdit de montrer aux écoles le «documentaire» fait par Al Gore, en disant qu’il y avait beaucoup d’erreurs, d’exagérations et de faits non-prouvés dans celui-ci.

Nous pouvons donc constater que, comme toute idéologie, l’écologisme peut aussi devenir intégriste. Il peut aussi conduire les gouvernements à prendre des décisions, comme la création de nouveaux impôts et la mise en œuvre de nouvelles régulations, dans le seul but de créer une apparence «écolo» vis-à-vis de leurs électeurs. De plus, les propositions du GIEC, l’ONU et toute cette «bulle écologiste» nous coûteraient des millions d’euros, elles causeraient des pertes d’emplois, ainsi que la disparition d’industries et elles constitueraient un obstacle au développement des pays les plus pauvres. Tout cela pour éviter que la température ne monte d’une fraction de degré dans plusieurs décennies, pour éviter une température de toute façon beaucoup moins élevée que d’autres températures que la planète a connu.

Alvaro Vermoet Hidalgo, président de l’Union démocratique d’étudiants d’Espagne.