Les ravages des mines anti-véhicules

Chaque jour, quelque part dans le monde, des gens perdent un ou plusieurs de leurs membres à cause des mines terrestres. A l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux dangers des mines et d’assistance à la lutte anti-mines, le 4 avril, il sera demandé aux habitants du monde entier de relever le bas de leur pantalon en signe de solidarité avec ces victimes. La célébration de cette journée marquera le terme de la campagne «Prête ta jambe», qui aura duré quatre semaines.

Cette campagne demande à tous les pays de rejoindre la Convention de 1997 sur l’interdiction des mines terrestres antipersonnel. Grâce à cette convention, la production de mines antipersonnel a pratiquement cessé et le nombre de victimes de mines a nettement diminué. Mais l’objectif d’un monde exempt de mines terrestres reste hors de portée. De nombreux pays doivent encore se rallier au mouvement en faveur d’un renforcement des normes juridiques contre l’utilisation des mines antipersonnel.

Encore légales

Il faut aussi traiter la question de l’impact humanitaire des mines anti-véhicules, activées par le passage d’un véhicule. Une explosion est assez puissante pour projeter un véhicule blindé en l’air et causer de nombreux morts et blessés. En octobre dernier, une mine anti-véhicule a soufflé un bus, tuant vingt personnes au Soudan du Sud.

Or pour l’heure, ces mines sont légales. Elles sont déposées le long des routes pour stopper l’avancée des convois militaires et perturber les réseaux de transport. Avec des routes bloquées, les populations vulnérables sont coupées de tout approvisionnement en nourriture et en eau, mais aussi privées de tout traitement médical, de toute installation sanitaire, d’essence et d’abri. ­Elles ne peuvent fuir pour se mettre à l’abri du danger ou retourner dans leurs foyers. Si la présence de mines anti-véhicules est suspectée, les organisations humanitaires doivent décider si elles risquent la vie de leur personnel pour porter assistance aux personnes qui en ont besoin. Ainsi, ces mines compliquent la fourniture de l’aide humanitaire et les opérations de reconstruction après un conflit et en accroissent le coût.

Une solution existe: il s’agit pour les Etats de se mettre d’accord sur un nouveau cadre juridique relevant du droit humanitaire ­international qui traiterait des mines anti-véhicules. Réagissant aux appels lancés par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, M. Ban Ki-moon, en faveur d’une action urgente au sujet des mines anti-véhicules, les Etats ont répondu en mandatant une réunion d’experts pour examiner cette question dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques. Cette réunion de trois jours débute aujourd’hui à Genève.

Alors que des milliers de personnes à travers le monde vont «prêter leur jambe» en signe de soutien, les Etats devraient, eux, relever les manches et agir de manière décisive au sujet des mines anti-véhicules.

Kassym-Jomart Tokayev, directeur général de l’Office des Nations unies à Genève et secrétaire général de la Conférence du désarmement.

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