Les victimes du crash du vol MH17 demandent justice

Il y a un peu plus d’un an, le 17 juillet 2014, l’avion de la Malaysian Airlines MH17 s’est écrasé dans l’est de l’Ukraine. Près de 300 personnes, passagers et membres d’équipage, ont péri. Après cet acte criminel, une enquête technique a été lancée par les Pays-Bas, la Malaisie, la Belgique, l’Australie et l’Ukraine dans le but d’identifier les causes de la catastrophe. Ses résultats sont attendus en octobre.

Pour sa part, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait le 21 juillet 2014 la résolution 2166, qui exigeait d’amener devant la justice les auteurs de l’incident et engageait chaque pays à coopérer pleinement. Il y a quelques jours, le 29 juillet, le Conseil de sécurité, non pas en paroles mais en actes, aurait pu rendre l’espoir aux parents et proches des victimes, ainsi qu’à l’ensemble des pays touchés par cette catastrophe, en s’assurant que la vérité soit établie. Mais, la Russie a choisi de faire obstacle. La création d’un tribunal pénal international en vue de poursuivre en justice les responsables de la tragédie a été rejetée par le vote du représentant de la Fédération de Russie, malgré l’appui que cette résolution a reçu de la part de la majorité d’Etats membres du Conseil de sécurité. Cette position d’un pays qui déclare constamment ne pas être impliqué dans le crash de cet avion suscite pour le moins l’étonnement.

Une défaite grande et honteuse

C’est grâce à une enquête que l’on pourra établir qui sont les vrais responsables, mais le veto russe montre à nouveau que la Russie a des raisons de bloquer la création d’un tribunal spécial car un certain nombre d’enquêtes indépendantes donnent des raisons factuelles sérieuses de croire que le missile mortel a été tiré depuis le territoire contrôlé par les séparatistes prorusses.

La Russie a ignoré, une fois de plus, les aspirations de tout le monde civilisé de faire un pas vers l’établissement de la vérité. Elle permet à des criminels coupables de la mort de civils de rester impunis. Mais l’utilisation de son droit de veto est une défaite tout aussi grande et honteuse.

Les souffrances des victimes et de leurs proches demandent justice. Actuellement les cinq pays membres de l’équipe d’enquête conjointe, en coopération avec tous les autres pays touchés par cette catastrophe, dont la France, s’interrogent sur les moyens qui sont à leur disposition pour engager des poursuites contre les responsables de ce crime abominable.

Notre objectif est de créer un mécanisme efficace, transparent, impartial et indépendant pour traduire en justice les auteurs de ce crime. Le veto russe n’arrêtera pas l’espoir de voir les coupables punis. La réunion du conseil de sécurité n’a fait que renforcer la détermination de tous ceux qui ont décidé de voir la vérité sortir au grand jour.

L’utilisation d’armes de haute technologie contre un avion civil constitue une menace pour l’aviation civile internationale, et pour la paix et la sécurité en général. Punir sans tarder les responsables de cet acte criminel est le seul moyen efficace de prévention des incidents similaires à l’avenir.

Oleg Shamshur est l’ambassadeur d’Ukraine en France

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