L’OMS doit se préparer aux super-virus

Délégation de l’OMS et du Croissant rouge syrien. Douma, 3 mai 2017. © AFP/Sameer al-doumy

Le 23 mai, lorsque l’Assemblée mondiale de la santé se réunira à Genève, ses membres éliront le nouveau directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), responsable d’améliorer la santé de 7 milliards d’individus.

Réformes nécessaires

La santé est un bien précieux que nous devons préserver soigneusement. Ce n’est pas une tâche facile et nous dépendons tous de nos gouvernements pour nous aider. C’est un défi quand certains systèmes de santé manquent de tout, quand de nouvelles maladies apparaissent inopinément et quand des super-virus émergent et résistent aux antibiotiques. L’OMS peut aider les pays à affronter ces défis mais, pour être le plus efficace possible, elle doit passer à la vitesse supérieure. Des réformes sont nécessaires.

On a beaucoup critiqué la réponse de l’OMS face à Ebola. Les pays avaient raison de se montrer critiques – ils sont en droit d’attendre que l’OMS soit prête à répondre immédiatement aux maladies infectieuses dangereuses. La réaction aux cas d’Ebola en République démocratique Du Congo (RDC) la semaine passée est encourageante: tant l’OMS que la RDC doivent être félicitées pour leur solide réponse et leur transparence.

La résistance antimicrobiale

Mais l’OMS fait bien plus que répondre à des maladies «exotiques». Il y a aujourd’hui dans le monde une épidémie de maladies chroniques qui causent la mort de plus de 40 millions de personnes par année. Des maladies telles que le cancer, le diabète et les maladies cardiaques. C’est un problème qui demande une réponse mondiale. L’OMS doit se faire le champion de la prévention. Elle doit aussi encourager les diagnostics de bonne heure et des traitements efficaces pour réduire les souffrances à long terme et les coûts associés à des maladies.

Un autre sujet de préoccupation pour l’OMS est lié à une récente étude qui suggère que d’ici à 2050 il y aura plus de morts dues à la résistance antimicrobiale qu’au cancer. C’est ce que nous entendons par super-virus, des virus qui résistent aux antibiotiques autrefois efficaces. Il s’agit d’un défi mondial pour la santé qui implique aussi bien l’agriculture, la production alimentaire, l’industrie pharmaceutique et la protection de l’environnement. Nous devons absolument réduire l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’agriculture et encourager le développement de nouveaux antibiotiques.

L’OMS doit se mettre à jour

Cela dit, plus de gens meurent aujourd’hui d’un manque d’accès aux médicaments que de problèmes liés à la résistance antimicrobiale. Nous devons faire en sorte que chacun ait accès aux médicaments dont il a besoin. Dans ce but, l’OMS doit faire preuve d’un leadership efficace et stratégique.

Afin que l’OMS puisse s’occuper des défis mondiaux de la santé, l’organisation ne doit pas être affaiblie par des problèmes internes – en particulier ceux liés au financement. Les gouvernements et les peuples doivent pouvoir compter sur un soutien efficace et rapide de l’OMS, de bonne qualité et adapté aux besoins. L’OMS doit se mettre à jour.

Pour réaliser cela, les liens entre les bureaux de l’OMS dans les pays, les bureaux régionaux et le siège à Genève doivent être extrêmement efficaces et chaque denier doit être utilisé au mieux. Tous doivent montrer des résultats et doivent être transparents.

Expérience internationale

J’ai travaillé dans plus de 50 pays; dans des environnements difficiles comme en Irak, lors du bombardement des bureaux de l’ONU à Bagdad en 2003; en Sierra Leone, où j’ai travaillé comme envoyé spécial des Nations unies pour lutter contre Ebola mi-2014; ou encore en Indonésie, en 2004, où j’ai dirigé les travaux de l’OMS pour répondre aux effets dévastateurs du tsunami dans l’océan Indien.

Au niveau local, j’ai œuvré au sein de communautés et j’ai également l’expérience des crises internationales. J’ai travaillé dans le monde entier et j’apporte à ce rôle une réelle perspective internationale.

Mon but est que, partout dans le monde, chacun ait accès aux soins de santé dont il a besoin. J’aimerais diriger l’OMS au nom de chaque individu sur la planète. Je suis prêt pour ce défi, si je suis élu directeur général.

David Nabarro, candidat au poste de directeur général de l’OMS.

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