Ne pas empêcher les djihadistes d’aller se faire trouer la peau

Certains bien-pensants, naïfs, vont craindre l’islamophobie. Certes, en leur temps, Bossuet, Chateaubriand, Condorcet, Flaubert, Montaigne, Montesquieu, de Tocqueville, Vigny, Voltaire, Malraux, Churchill ont été coupables d’écrits fortissimo, y compris Voltaire avec son Le Fanatisme ou Mahomet, réédité par Hachette en 2012.

Je ne mange pas de ce pain-là. J’adore la musique arabe, à commencer par Oum Kalthoum. De même, l’architecture «islamique» des mosquées comme celle de Bibi-Khanym à Samarcande ou encore Ispahan. J’ai visité la plupart des pays musulmans, y compris la Somalie et l’Arabie saoudite, dont on connaît les méfaits. Cela me permet d’avoir de la distance, une vision réaliste de la situation actuelle et du futur, qui n’est pas loin d’être noir, comme le fameux drapeau de l’Etat islamique…

La Suisse et l’Europe redoublent d’efforts pour empêcher le départ des djihadistes pour l’autoproclamé EI. Et tout récemment, Mme Nicoletta della Valle, directrice de l’Office fédéral de police, déclarait «cibler les candidats».

Mais pourquoi ne devrait-on pas faire exactement le contraire? Cyniquement, bien sûr. Les quelques jeunes exaltés de culture musulmane ou récemment convertis ne sont bien heureusement pas encore très nombreux en partance de Suisse. Mais pour l’ensemble de l’Europe, on estime qu’ils sont déjà une dizaine de milliers sur place ou prêts pour le combat en Irak et en Syrie, bientôt en Libye, en attendant, comme prévu, d’ouvrir le front de la Jordanie, du Maghreb, etc. Ils savent tous qu’ils risquent leur vie pour Allah! Peut-être ne se rendent-ils pas pleinement compte qu’ils ne sont que de la chair à canon, désignés volontaires pour être en première ligne, presque sans retour possible, avec la certitude d’être abattus par leurs propres commandants s’ils reculent. Ou encore à disposition pour des attentats suicides.

Mais, bon Dieu, c’est leur choix. Préférez-vous vraiment qu’ils participent à de nouveaux attentats comme le massacre de Louxor en Egypte qui a fait 62 morts le 17 novembre 1997, ou celui de Bali en 2002, 202 morts, essentiellement des Australiens, ou de Djerba, toujours en 2002, 21 morts dans une synagogue, ou de Madrid en 2004, 191 morts, ou l’attentat à la bombe de Marrakech en 2011 qui a fait 17 morts, ou celui du Musée juif de Bruxelles, en 2014, 4 morts, ou encore à Charlie Hebdo et à l’épicerie casher, 17 morts cette année? Et j’en passe.

Ce qui importe en premier lieu, c’est de repérer les quelques-uns qui reviennent, désarmés, mais entraînés. Mais pas d’em­pêcher les départs pour le Djihadistan.

Et surtout, il convient de cesser d’être naïf. De dire constamment «ne faisons pas d’amalgame», «ne stigmatisons pas». Si nous sommes capables d’un peu d’anticipation, il faut bien comprendre que nous sommes tout simplement au tout début d’une guerre. D’une radicalisation extrême avec l’antisémitisme qui l’accompagne. Pas, bien sûr, d’une guerre des musulmans contre l’Occident. Mais bien d’une guerre de certains musulmans contre d’autres fidèles de Mahomet et contre l’Europe et les Etats-Unis.

Et il est clair que «nous» en sommes en partie responsables. Par exemple, George W. Bush avec ses interventions en Irak. Bernard-Henri Lévy en poussant Sarkozy à une attaque de la Libye dont on connaît le merveilleux résultat. Mais le mal est fait. Le réveil d’un islamisme radical est en cours.

Une chose est absolument certaine: il est désormais illusoire de préconiser l’intégration en Europe, hélas. Et on ne peut pas freiner, encore moins arrêter l’immigration. C’est tout simplement un fait. Nous sommes obligés de constater que s’installe le communautarisme. Même un «modéré», tel le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, affirme: «Nous avons 2000 mosquées, en construisons 2000 autres dans les deux ans.» Ce n’est plus un risque, mais une réalité, on s’achemine vers un communautarisme qui ne sera pas sans danger.

Il convient de ne pas paniquer. De ne pas fantasmer. Mais de prendre les bonnes décisions. Cela commence par reconnaître les réalités, suivre les sites de propagande islamiste, lire entre autres le «Mein Kampf daechien» – L’Administration de la sauvagerie –, lire Philippe Val, Malaise dans l’inculture, lire Abdennour Bidar, Lettre ouverte au monde musulman, reconnaître que le périmètre d’action des assassins s’élargit, même maintenant à l’Afrique du Sud, se rappeler ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, en particulier l’esprit «munichois», être sans illusion aucune et ne pas hésiter à appliquer nos lois…

Pierre-Marcel Favre, éditeur, critique et journaliste.

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