Quelle Europe dans quel monde ?

Quelle Europe ?

Au départ, le projet européen était un projet interne, de paix et de prospérité économique. Après Maastricht, nous avons commencé à nous interroger sur ce que devait être la suite de ce projet. L’étape suivante, le passage à la puissance politique, ne s’est pas faite aisément tout simplement parce qu’il n’y a pas d’accord entre les Etats membres sur la finalité de l’Europe.

L’Europe se voit comme un “soft power”, mais nous n’avons jamais vraiment cherché à creuser ce concept et à essayer d’en définir les grandes lignes d’action.

Pourquoi avons-nous agi de la sorte ?

Il me semble que nous pouvons évoquer trois raisons.
La première c’est que le concept même de puissance n’est pas véritablement dans le code génétique de l’Europe. Pierre Bühler, dans “La puissance au XXIe siècle”, dit que la construction européenne répond à une volonté de paix et de stabilité. Par conséquent, le concept de puissance est contradictoire avec ce qui a été à l’origine de la démarche des Européens.
La deuxième, l’Union européenne s’est bâtie avec des Etats membres qui avaient chacun leur spécificité en matière de politique de sécurité et de défense et, surtout, en parallèle avec l’Alliance atlantique dont l’existence a souvent été présentée, sans doute à tort, comme concurrente du projet européen.
Ajoutons à cela que chacun des Etats membres s’est doté d’un certain nombre de ressources en matière de “soft power” et que l’Union européenne elle-même s’est dotée progressivement d’instruments de “soft power”. Mais l’Europe, très souvent, a mis en place ces instruments sans avoir une claire idée de l’effet de puissance qu’elle souhaite faire prévaloir à travers eux.

Dans quel monde avance aujourd’hui l’Europe ?

Le monde globalisé dans lequel nous vivons impose de nouveaux rapports et de nouveaux défis. Ce monde nouveau se caractérise également par une forte accélération. Celle-ci ne se fait pas simplement dans l’action ; elle se traduit aussi dans l’analyse et l’évaluation que nous devons faire en permanence des événements.

Les défis

Le premier, ce sont les nouveaux rapports de force économiques qui se mettent en place et qui vont nous obliger à repenser notre politique à l’égard des différentes régions du monde.
Nous sommes également en train d’assister à l’émergence d’un nouveau référentiel stratégique entre les Etats-Unis et l’Europe. Le partenariat transatlantique semble appelé à évoluer. En tout cas, il va contraindre les Européens à se poser un certain nombre de questions.
Enfin, le dernier défi est celui de notre voisinage. Non seulement celui du Sud, mais aussi celui de l’Est.

Trois observations pour conclure.

Tout d’abord, un préalable : si nous ne réglons pas la crise financière que traverse l’Europe, tout le reste sera de peu d’importance.
Au-delà, que devons-nous faire pour que l’Europe retrouve de l’énergie, de l’enthousiasme et de l’espoir ? Il faut d’abord définir une certaine vision stratégique pour l’Union européenne. Nous aurions peut-être intérêt à essayer de prendre une approche à cinq ou six ans pour mettre en place un plan d’action réaliste, concret et facilement compréhensible. Ce plan d’action doit contenir des priorités bien identifiées. Il faut également faire prévaloir une approche intégrée de l’action extérieure européenne. L’Union européenne est le seul ensemble dans le monde qui a, sur son tableau de bord, autant de moyens d’action. Simplement, ces moyens-là ne trouveront leur efficacité qu’à la condition d’être solidement coordonnés. C’est en faisant prévaloir ce souci de cohérence que l’Union européenne peut retrouver sa raison d’être et toute sa place sur la scène internationale.

Lire l’intégralité de l’étude.

Pierre Vimont, pour la Fondation Robert Schuman

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