Qui veut être mon ami ?

La Pologne est un excellent exemple pour illustrer la longue et difficile marche des pays d’Europe centrale et orientale (PECO) vers une défense européenne. Dotée d’une sensibilité particulière due à son Histoire, elle aborde le thème de la sécurité sur une partition différente des pays d’Europe de l’ouest, mais qui tend depuis peu à les rejoindre.

“Dal nam przyklad Bonaparte jak zwyciezac mamy” (Bonaparte nous a montré comment vaincre). L’Hymne national polonais nous rappelle que Paris et Varsovie ont entretenu des relations fortes dans le passé. A l’heure où des voix s’élèvent en France pour remettre en question l’héritage de Napoléon, cet extrait nous montre aussi que les deux pays ont évolué différemment, puisque les Polonais chantent encore les louanges de l’Empereur qui a donné une nouvelle naissance à leur pays en 1807.

De la même façon, la Pologne ne conçoit pas sa défense comme la France, car elle a une perception différente de la menace. C’est pourquoi depuis quelques années, ses alliances sont déséquilibrées au profit d’une relation bilatérale “privilégiée” avec les Etats-Unis, tandis que la place de l’Europe ne se trouve pas au premier rang.

Suite à l’élection récente de M. Komorowski au poste de président de la République, la Pologne cherche encore un équilibre satisfaisant entre relations bilatérales et multilatérales, tout en restant convaincue que seuls ses alliés lui apporteront une garantie de sécurité face à la très puissante Russie.

Au vu de l’évolution de la situation internationale et des attentes du peuple polonais, une inflexion des priorités vers l’Europe semble inéluctable.

Pour s’en convaincre, il convient de relire les textes officiels, afin de bien évaluer les menaces sur la sécurité polonaise. Puis il s’agit d’observer l’évolution récente du lien transatlantique et le constant besoin de garanties sécuritaires de la Pologne. Enfin, replacer cette thématique dans une perspective historique permet d’entrevoir à moyen terme, une collaboration plus étroite avec la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD).

Les textes officiels : les Stratégies de Défense nationale

Trois documents officiels traitent de la politique de Défense de la Pologne. Ces textes qui parfois se recoupent, fixent les fondements, le cadre d’action et les moyens de la politique de sécurité.
Les objectifs dans les domaines intérieur, social, économique, écologique sont énumérés dans la ” Stratégie de Sécurité Nationale “ éditée en 2007. Il y est stipulé que le but des armées reste la défense du territoire et l’intervention au profit des membres de l’Alliance atlantique. Selon ce document, le prochain conflit n’impliquera pas directement la Pologne, mais peut déclencher la mise en œuvre de l’article 5 de la Charte, relatif à la défense collective.

Selon la “Stratégie de Défense Nationale” de novembre 2009, les buts stratégiques de la défense sont la protection de l’indépendance et de l’intégrité du territoire polonais. Un conflit local, à proximité des frontières n’est pas exclu. A ce titre, la stabilisation des PECO est dans l’intérêt national. Les relations avec la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine sont donc fondamentales, car la situation interne de ces pays a une influence directe sur la politique intérieure polonaise. Il y est précisé que les menaces prioritaires sont énergétiques, au premier rang desquelles une coupure des approvisionnements (venant de Russie, NDLR). Elles peuvent aussi être terroristes et incluent la prolifération d’armes de destruction massive. Comme l’a confirmé le conflit de 2008 en Géorgie (1), l’intérêt du volet militaire de la défense est toujours d’actualité. La participation à l’OTAN et à l’UE, ainsi que le lien stratégique bilatéral avec les Etats-Unis, renforcent la sécurité de la Pologne. C’est pourquoi, l’interopérabilité maximale avec les forces otaniennes doit être recherchée par l’entraînement, l’équipement, les standards et procédures.

Enfin, les interventions extérieures ont donné lieu en 2009 à l’élaboration d’une “Stratégie de participation des Forces armées aux opérations internationales”. Cette participation répond aux obligations du pays dans le cadre de ses alliances. Il en ressort que les interventions garantissent des avantages politiques internationaux. Les trois principes de ces opérations sont : finalité, liberté d’action, économie des moyens. Il est précisé qu’une légitimation par l’ONU n’est pas un préalable nécessaire. L’intervention se fait seulement en accord avec les intérêts nationaux et les capacités budgétaires. Incidemment, la mission de protection du territoire exclut d’utiliser la totalité du potentiel militaire pour mener ces opérations extérieures.

En cas de déploiement, une partie suffisante des forces disposant notamment d’une capacité antiterroriste doit donc assurer la protection du territoire, face à une menace venant de l’Est.

Pour lire l’intégralité de l’analyse, rendez-vous sur le site de l’IRIS

Par Roland Delawarde, lieutenant-colonel et stagiaire au Collège Interarmées de Défense.

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